Pitchfork Paris 2014, 3ème jour et bilan en demi-teinte

Le 3 novembre 2014 par Disso

Après un deuxième jour que nous qualifierons gentiment de difficile, c’est avec beaucoup de retard que nous arrivons à la Villette. Loupée donc Jessy Lanza dont l’écoute était pourtant prometteuse, et loupé aussi Tobias Jesso Jr, unanimement loué par les courageux venus dès l’après-midi. C’est avec Movement que commencera notre soirée de samedi. Enfin, commencera, c’est un bien grand mot, la prestation du groupe n’offrant rien de bien intéressant à nos yeux.

Nous attendons un peu plus des très remuants Foxygen dont les critiques vantaient depuis le printemps 2013 la fougue musicale. Question fougue, en effet, il y a de quoi faire : trois jeunes choristes pailletées chantent et dansent en secouant en tous sens leur chevelure pendant que Sam France, jeune beauté mâle au torse imberbe et nu enchaîne les gimmicks à la Mick Jagger ou Iggy Pop. Il saute, se roule au sol, harangue la foule, tout ce qu’il faut pour faire une vraie rock star. Hélas, ce petit gymkhana scénique ne fait pas oublier la faiblesse de la musique. C’est brouillon, ça se veut rock, mais au fond, ça ne délivre pas grand chose. Peut-être que le groupe n’était pas en forme ce jour-là, ou peut-être que Foxygen est tout simplement un peu surévalué, en tout cas, ni DLF, ni les festivaliers ne sont convaincus. Ça applaudit poliment, mais sans plus.

Course rapide de l’autre côté de la salle, puisque les deux scènes, la rose et la verte, se font face et c’est au tour de Tune-Yards. Gros désespoir chez les DLF, qui ne voient vraiment rien à sortir de cette musique faussement festive des Anglais signés chez 4AD. Ça, pas de problème, Merril Garbus se donne à fond et joue avec conviction, mais que dire de cette folk festive aux accents tribaux. Ma foi, pas grand chose. Et il faut avouer que suite à la très pâlichonne journée de la veille, ça commence à faire un peu beaucoup pour nous.

Heureusement, notre Messie vient. Il est barbu, se perche sur une petite scène avec sa guitare, rejoint par deux autres musiciens et, enfin, nous trouvons de quoi satisfaire pleinement nos oreilles. Comme à la Route du Rock avec Junip, ou comme l’an passé au Pitchfork, toujours avec Junip, José Gonzalèz, sans son groupe cette fois, atteint la perfection. Les mélodies aux accents parfois sud-américains, ce son folk reconnaissable entre tous (surtout depuis la fameuse pub Bravia) et surtout, surtout, la voix veloutée et très joliment timbrée du chanteur font merveille. Malgré le public bavard à l’extrême (ce sera une constante pendant tout le festival), le concert est magnifique, applaudi unanimement, même par les jeunes Anglais bavards et José ressort visiblement ravi de scène après une très jolie reprise de Teardrop de Massive Attack.

 Jungle me laisse beaucoup plus sceptique, la musique du groupe mélange allégrement funk, hip hop et pop. Je les avais déjà vus aux 3 Eléphants au printemps, je n’avais pas beaucoup plus accroché. Mais il faut reconnaitre que leur set sera ovationné par une jeunesse enthousiaste et dansante. Et ma foi, il est sans doute bon qu’un festival offre aussi des instants de « défoulement » à son public.

caribou

Question défoulement, c’est Caribou qui assurera le meilleur moment de la soirée, avec un set electro corsé et un lâcher de ballons qui va ravir les foules. Le set sera, comme tout le festival, très bien mis en lumière, parce que de ce côté-là, et quelque soit le concert, je n’ai jamais vu des jeux de lumières sur les scènes aussi réussis qu’au Pitchfork, il faut bien le dire.

Que dire de ce deuxième (pour nous) festival Pitchfork Paris… Je ne suis pas sûre de revenir. Certes, l’an dernier, j’avais déjà dit la même chose, mais là, vraiment la programmation était globalement assez peu à mon goût. Encore, si l’ambiance était sympathique, je pense que je m’y retrouverais avec les quelques artistes que j’ai appréciés (Mogwai, The Notwist, José Gonzalez…) mais cette année, ça ne m’a pas suffi. D’une part, parce que la programmation de vendredi fut extrêmement décevante, d’autre part parce que je crois de ma vie, n’avoir jamais vu public aussi peu respectueux de la musique et des musiciens que celui du Pitchfork. J’en viens à penser sincèrement que je me fais vieille pour ce genre de festival et ce genre de groupes. J’ai pourtant l’occasion de fréquenter d’autres festivals : Route du Rock, 3 Éléphants, Villette Sonique, Transmusicales… Celui-ci, clairement, je crois qu’il n’est pas fait pour moi.

 

 

6 Commentaires sur “Pitchfork Paris 2014, 3ème jour et bilan en demi-teinte”

  • J’espère que la prog de l’année prochaine sera un peu plus flamboyante pour avoir le plaisir de t’y recroiser :3

  • Bishop

    Mon bilan:

    Festival sympa, bien organisé, avec quelques bons moments (Ought, Mogwai, Four Tet, Caribou, José Gonzalez) mais aussi de grosses faiblesses.

    Les groupes que je ne connaissais pas, j’ai malheureusement compris pourquoi c’était le cas. Une programmation trop aseptisée et trop peu éclectique (bordel Pitchfork il est où le hip-hop que vous aimez tant par exemple? Sinon un Badbadnotgood par exemple aurait foutu le feu à la place de trucs genre War On Drugs).

    Un vendredi soir pointé comme le maillon faible qui le fut vraiment. Belle & Sebastian, comme toi Disso, cela ne m’a pas satisfait et c’était ce qu’il avait de mieux (avec St. Vincent)..

    Heureusement Caribou et Four Tet furent épiques samedi (mais que de mauvais groupes avant).

    Je ne regrette pas d’y être allé, mais je n’y retournerais pas.

    Certes ce n’est pas le même format mais une soirée de la Villette Sonique c’est quand même autre chose. Même le Peacock society l’année était plus intéressant.

    • Disso

      Ca me rassure un peu de voir que certains partagent à peu près mon avis. Je finissais par penser que j’avais perdu le gout de la musique, quasi…

  • Milena Mc Closkey

    Le chanteur de Foxygen est Sam France et non Jonathan Rado (lui est le claviériste/guitariste)

  • Disso

    Oups, merci Milena, je corrige tout de suite.

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