Pitchfork Paris 2014, 2ème jour : mais qu’allais-je donc faire dans cette galère?

Le 1 novembre 2014 par Disso
Photo Pitchfork

Future Islands – Photo Pitchfork

Après un premier jour en demi-teinte, avec quelques bons concerts et quelques gros passages à vide, nous décidons sagement de sécher les Perfect Pussy dont la prestation à la route du rock était tout ce qu’on veut, sauf Perfect. C’est donc sur la fin du set de D.D Dumbo que nous arrivons dans l’antre du bonnet, de la barbe et de la chemise à carreaux. Les quelques titres entendus me font regretter de ne pas être venue un peu plus tôt. Oscillant entre expérimentation et pop, D.D. Dumbo manie parfaitement le loop, seul en scène. Ma foi, à creuser.

Ayant déjà vu Son Lux aux 3 Elephants ce printemps, je savais un peu à quoi m’attendre quant à l’esthétisme très sufjanien de ce jeune homme. Ah  ça, pour être joli, c’est joli : ornements précieux, voix bien maîtrisée, pop atmosphérique à souhait, seulement voilà, l’esthétisme, à mon avis, ça ne suffit pas. Ça a beau être joli, on se demande un peu quelle est l’intention derrière tout ça, et on finit par vite s’ennuyer.

C’est là qu’arrive le groupe dont la performance scénique était sans doute la plus attendue : Future Islands et son très étrange chanteur. Déjà, le groupe entre en scène costumé façon Halloween, Samuel Herring campe un magnifique vampire. En revanche, sur scène ça ne campe pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour la plus grande joie du public, Herring se livre à ces gesticulations dont il a le secret : déhanchements violents, balancements accroupis, petits effets tournoyants de la toupie. Bref, il se donne à fond et ma fois, c’est plaisant à voir. La musique, quant à elle, aux sonorités très FM années 80, offre des moments sympathiques, ça se chante, ça se danse, c’est fait de tous petits riens. Bref, c’est de la variété très agréable mais qui n’a rien inventé. On a quand même parfois l’impression que le groupe a retenu ce qu’il y avait de pire dans ces fameuses eighties, mais ne boudons pas notre plaisir, il sera rare et précieux ce soir-là.

(photo Pitchfork)

CHVRCHES – photo Pitchfork

Ensuite, après 5 minutes de, nous décampons devant cette electro-pop danoise bien faiblichonne à nos oreilles.
La veine electro-pop se poursuit avec les Ecossais de CHVRCHES. Soyons clairs, perso : je n’accroche pas à ce sous The Knife tendance pop-electro. La (mignonne) petite chanteuse possède une voix aux similitudes parfois troublantes avec celle de Karin Dreijer Andersson. Pour le reste, ça fait danser la foule et ça me fait bailler. * (voir plus bas l’avis totalement divergent de ma comparse)

Hélas, la suite de la soirée ne va pas égayer mon humeur devenue bien maussade. Je n’ai jamais compris le succès réel (y compris chez des gens dont j’estime beaucoup les goûts) de Annie Clark alias St Vincent. Cependant, l’ayant vue seule en scène à la Route du Rock en 2009, je savais la jolie brune très capable de tenir un public en haleine et de maîtriser, voire dompter la grande halle de la Villette. Mais là, on ne comprend pas ce qu’est devenue St Vincent, bien loin de la touchante sincérité de ses débuts. En gros, et pour dire les choses de façon un peu cash : depuis qu’elle a rencontré David Byrne, on a l’impression que la demoiselle part en sucette. Solos de guitare bordéliques, musique boursouflée et pompeuse, Annie semble s’être définitivement perdue depuis qu’elle connait le succès. C’en est presque triste.

Triste aussi, pour moi, la prestation de Belle & Sebastian. Je ne les avais jamais vus en concert, contrairement à Virginie qui en était à son 5ème concert. Hé ben mes aïeux, quelle déception. Déjà, le groupe semble avoir choisi ses titres les plus faibles pour débuter son concert You’re Just a Baby, Funny Little Frog… En plus, quelle idée de convoquer autant de monde sur scène pour une orchestration parfois à la limite du bal musette alors que leur musique aurait demandé plus de fraîcheur, de simplicité. Ce n’est pas du tout ce que j’espérais de Belle & Sebastian qui a offert une prestation bien décevante ce soir-là. Ecoeurée, je suis partie au bout d’une demi-heure, il semble que la suite du concert ait été du même niveau.

Voilà pour la partie commune sur laquelle Virginie et moi sommes d’accord, en revanche, on a eu un petit désaccord sur CHVRCHES, donc je laisse la parole à Virginie.

* Je me permets d’intervenir pour contredire totalement Disso qui n’a pas compris la qualité de CHVRCHES (contrairement à certains de mes collègues de DLF); même si le show du groupe lui-même ne révolutionne en rien l’histoire de la musique, la puissance pop des chansons a elle seule a fait danser la Grande Halle de la Villette, accompagnée d’un superbe light show (oui, c’était joli, deal with it). C’est con à dire mais ça fait du bien et, accrochez-vous bien à vos barbes si bien taillées, c’était le meilleur concert de la soirée. Carrément. Même pas peur. @virginielasnob

Un vendredi donc bien décevant  pour ce Pitchfork 2014, espérons que ce soir, avec Caribou, José Gonzales et Four Tet, la joie sera de retour.

6 Commentaires sur “Pitchfork Paris 2014, 2ème jour : mais qu’allais-je donc faire dans cette galère?”

  • Erwan

    Bon j’ai passé une soirée plutôt bonne moi.
    J’avais aussi déjà vu Son Lux cette année donc pas de surprise, il réinterprète avec toujours autant de talent ses chansons très arrangés en studio et qui prennent une autre dimension en live. Bien aidé par un guitariste et un batteur de haut niveau.
    De Future Islands je ne connaissais qu’un GIF (le fameux live à Letterman http://cdn.stereogum.com/files/2014/03/Future-Islands-gif.gif ) et j’avoue que j’ai pas trouvé ça si mal que ça, pas mon genre musicalement mais ça passe bien quand même.
    Par contre Mø : pause frites/bière de rigueur.
    Pas mon genre non plus Chvrches, c’est plutôt bien fait et c’est vrai que la chanteuse est <3 mais je pars avant la fin pour me placer devant St Vincent.
    La petite Annie Clark a bien grandi depuis ce concert à la Route du Rock en 2009 où elle était seule avec sa guitare et ses pédales et c'est un vrai show qu'elle nous offre désormais. Depuis la tournée avec David Byrne elle nous propose des chorégraphies et des tenues qui changent sans arrêt, mais contrairement à ce que Disso en pense je trouve que tout cela ne nuit pas à la qualité musicale et les anciens morceaux sont assez géniaux réarrangés à la façon du dernier album.
    Pour finir Belle & Sebastian a assuré le show, je ne les avais jamais vu donc je n'ai pas été déçu contrairement à ceux qui les avaient vu dans le passé. Un bon mélange de titres dansants (où l'on voit enfin l'intérêt du nouveau titre The Party Line) et chansons mélancoliques.
    Bilan : une belle soirée dans l'ensemble pour ma découverte du Pitchfork Festival, bien organisé avec les deux scènes en face à face où les concerts s'enchaînent sans temps mort.

    • Disso

      <3 Erwan. Heureusement que plusieurs personnes (dont toi), on apprécié la soirée. Quant à moi, je finis par me demander si je ne m e fais pas trop vieille pour ça, tout simplement. Bon, le compte rendu du samedi sera plus enjoué, grâce à Caribou et Joséééé Gonzalès (qu'il est mignon !)

      • Erwan

        Je crois que mon dos et mes pieds essayaient aussi de me dire en fin de soirée que je suis trop vieux pour ça !

  • Jasonf

    De même, je crois que je commence à être trop vieux pour des festivals de ce genre … A part quelques très bons moments sur notamment Mogwai, Movement, War on Drugs, Belle and Sebastian, Jose Gonzalez, Chvrches et Notwist, je dois dire que je n’ai pas eu mon lot de bonnes surprises (j’avais deja vu les 3/4 des groupes avants, et certains une bonne dizaine de fois … la période écossaise de la fin des 90’s ;)).

    Nan sérieusement, j’ai trouvé l’ambiance dans ce festival assez morose et peu ouvert à la créativité. De plus, l’enchainement de concerts à la limite de l’indigestion (pas le temps de faire de pause …), le marketing outrancier (qui ne le fait me direz-vous maintenant avec des têtes d’affiches de ce genre), et un public assez souvent irrespectueux et braillard (on se serait cru dans un festoch espagnol 😉 ). Les trois pauvres balancoires, hsitoire de … Et La bouffe n’en parlons pas … Bref quand je pense que j’ai hésité entre le pitchfork et le soy festival de Nantes, je pense que l’année prochaine, la franchise américaine n’aura pas mon pognon ….

    PS: cela ne remet pas en cause la qualité des groupes présents, juste l’ensemble qui fait que l’on ne rentre pas aussi bien que dans des festivals plus petit et plus humain (ATP, Rockomotives, Soy, …)

  • Burlututu Anne

    M’enfin Disso, what’s the fuck ? Did you lose your mind somewhere between La Villette and Montparnasse ? Son Lux, des musiciens d’un niveau rarement égalé, Ryan Lott a un talent fou, tant par ses compositions que par sa voix, la qualité de son interprétation, la richesse et la subtilité de ses arrangements. Un univers bien à lui, immédiatement reconnaissable entre cent. Et tu as kiffé José Gonzalez ? Qui est l’équivalent karmique de la 3ème République de la musique. Aaaaah. Il va falloir que l’on boive un coup bien vite pour en parler… Bisou bisou

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