Pitchfork Paris 2014, 1er jour : Mogwai en majesté

Le 31 octobre 2014 par Disso

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L’an passé, nous étions venus au Pitchfork, étions reparties moitié convaincues, moitié circonspectes, cette année, on retente le coup. La programmation annonce du beau monde : Mogwai, Ought, Future Islands, Belle and Sebastian… Bon, on va être honnêtes, y a aussi dans cette prog des trucs qu’on n’aime pas, voire qu’on déteste. Mais on aura l’occasion de vous en reparler.

Donc jeudi soir, dès 18h30, nous voilà sur place pour Ought, un groupe post-punk venant du Canada, signé chez Constellation et découvert cet été à la Route du Rock. Un groupe qui nous avait tellement impressionné à la Nouvelle Vague, que nous avions hâte de les revoir. La performance de ce soir était encore bonne et plutôt bien accueillie. On sent quand même le groupe bien fatigué, la voix du chanteur Tim Beeler se brise un peu dans les hauteurs, mais le bonhomme envoie toujours autant, comme sur le très prenant Habit. Ce groupe-là fait partie des deux ou trois très bons moments d’une soirée un peu inégale. Un groupe pour qui la scène transcende véritablement l’album.

Ensuite viennent les très dispensables How to dress well, et ça tombe bien, nous nous en dispenserons (désolée, Xavier…).

Retour d’intérêt avec The Notwist, n’ayant jamais vu le groupe en live et en ayant entendu dire le plus grand bien, j’étais assez intriguée, et ma foi, ce fut une belle découverte. Les titres s’enchaînent, très mélodieux quoique assez musclés pour le live. L’electronica se mélange au jazz, au rock, à l’electro et les Allemands offrent une jolie prestation, applaudie de façon nourrie. Ça donne envie de les revoir et de s’intéresser de plus près à leur discographie.

Le groupe suivant sucks my dick. A l’instar de Kozelek, je ne comprends pas l’intérêt que suscite War on Drugs, cf le compte-rendu de la route du rock cet été, où ils avaient déjà offert une performance assez pâlotte voire ennuyeuse.

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C’est à 21h30 qu’arrivent les maîtres écossais : Mogwai avec une setlist mélangeant titres du dernier album aux sonorités plus électro « Heard about you last night » par exemple et les grands classiques du groupe comme « Mogwai fear Satan ». On a beau avoir vu et revu le groupe (3 fois pour moi, 8 fois pour Virginie), Stuart et ses potes sont toujours aussi impressionnants. Arriver à élever vers les cimes écossaises une foule de hipsters bavards dans la grande halle de la Villette, c’est une belle performance. En ce qui me concerne, je suis toujours scotchée par ce groupe qui sans faire danser, sans faire d’effets de voix, sans esbroufe, réussit à dessiner sous vos yeux des paysages de landes arides, des sommets escarpés, de paisibles lacs, des ruisseaux… Les rares instants de calme succèdent à des déflagrations sonores venues après de longues longues montées. Mais ici, pas de bruit inutile, pas de surenchère dans le décibel, chaque note, chaque son, chaque décibel est justifié. Mogwai reste définitivement, aussi bien techniquement qu’en terme d’émotions,très très loin au-dessus de tout ce que l’on a pu voir ce soir.

Heard About You Last Night
I’m Jim Morrison, I’m Dead
Travel Is Dangerous
Rano Pano
Hunted by a Freak
Mogwai Fear Satan
Deesh
Remurdered
Teenage Exorcists
Mexican Grand Prix
We’re No Here

Après un tel set, difficile de passer à Jon Hopkins. Même si, disons-le, il se démerde bien. Le dernier album est bon, mais d’après Virginie, « ça manque de gros beats puputes ». Sans doute une musique  à écouter plus vers les 5 heures du matin qu’à 11 heures du soir dans un festival. Perso (perso, c’est Disso), je trouve ça pas moche, mais sans plus. Ca ne me provoque guère d’émotion.

Le dernier (dans tous les sens du terme), c’est James Blake. Alors là… Il faut qu’on m’explique. J’avais déjà vu le « prodige » à l’Antipode à Rennes, il  y a trois ans. A l’époque, sa notoriété était grandissante, et déjà, j’étais restée totalement hermétique à ce dubstep bourrinant au vocoder. Ah ça, le public du Pitchfork était ravi, aucun doute. Quant à moi, face à ce déluge de mauvais goût, ce « James Blur » aux accents de « flavour of the week », je vais vite fuir la salle.

Une soirée où auront donc trôné en majesté les Mogwai, suivis des jeunes Ought et des très plaisants Notwist, pour le reste… Ce fut un peu Up & Down. Espérons que la soirée de vendredi nous apporte davantage de satisfactions auditives. Ah sinon, un grand bip up à l’écervelée à côté de moi qui a passé une demi-heure  à démonter (dans leur dos évidemment), une dizaine de Parisiens du monde de la musique, big up aux deux ado qui ont beuglé pendant tout le concert de Notwist prenant la musique pour un fond sonore à leurs discussions palpitantes sur les mecs, et enfin, big up à la marinière très « route du rock » du Pitchfork…
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4 Commentaires sur “Pitchfork Paris 2014, 1er jour : Mogwai en majesté”

  • Alors, autant je ne suis pas d’accord concernant The War on Drugs (j’avais la chair de poule pendant tout le concert, mais admettons que ce soit le genre de groupe pour les mecs comme moi qui ont des photos de boots américaines et de guitares sur leur mur FB), autant pour le reste c’est exactement mon ressenti et ce qui est écrit sur James Blake, je ne pourrais le dire mieux … un mystère total. Et prendre à rebours le public de la Villette pour sortir de ce pénible moment en regardant tous ces regards extatiques, c’était plutôt intéressant, comme expérience …

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