BRNS : un nouvel album en écoute, une ancienne interview à lire

Le 29 octobre 2014 par Disso

brns
C’est une interview qui date, qui date de voyons… 2013, printemps 2013. BRNS était en train de devenir un groupe connu. Timothée, Antoine et Diego avaient sorti un premier EP en 2010 puis en 2012, un second Wounded qui les avait fait connaître un peu partout. Mais le groupe restait encore un peu à la marge. Connus et reconnus  pour leur talent de musiciens, la preuve en est : ils passaient pour la deuxième fois à l’Antipode. 

Alors me direz-vous, pourquoi sortir maintenant cet entretien un peu daté ? Parce que, ce le groupe disait à l’époque sur son rapport à la musique, aux tourneurs, aux labels, à la production, à la Belgique aussi prend un intérêt particulier alors qu’ils viennent enfin de sortir leur premier album Patine chez PIAS (en écoute dans le bas de ce post). Parce que, aussi, BRNS passe à l’Ubu à Rennes, le 7 novembre. Et notre première question, un peu bête sans doute, ou très franco-française porta sur leur rapport à la Belgique, le fait d’y tourner et leur rapport à une « scène belge ». Et la réponse de BRNS donne tout de suite le ton.

La Belgique

On ne s’est jamais positionné comme un groupe belge. Il n’y a pas une volonté d’appartenir à une « famille belge » et je ne crois pas que ce soit plus facile de tourner en Belgique. En tout cas, pour nous, en Belgique, c’est pas gagné d’avance. Les gens y sont plus attentifs et il nous faut faire nos preuves. Et puis le territoire est petit, on en a vite fait le tour.

En plus, il y a différents paramètres à prendre en compte. En ce qui concerne Bruxelles, le public est beaucoup plus exigent qu’ailleurs. En Hollande, en revanche, c’est encore un public différent : les gens parlent dans les concerts, ils sont moins attentifs. Le public français est très enthousiaste, lui, plus « facile à contenter ».

En Belgique, il y a aussi des tas de styles musicaux différents. En plus la scène francophone, flamande ou bruxelloise, tout ça, c’est différent. Nous, on a une stratégie plus ouverte vers l’extérieur. Au lieu d’essayer de grandir dans la région francophone et d’avoir ensuite du mal à s’exporter, on a tout de suite essayé d’aller ailleurs : les Flandres, la France etc

Mais il y a quand même comme un statut belge, ce besoin de prouver quelque chose. Même si BRNS est un peu comme un électron libre dans la scène belge : on ne vient de nulle part, on ne connaît personne.

 

Le travail en groupe

On compose en yaourt d’abord et ensuite on colle dessus des paroles. Les thèmes de la mort, de la lumière, des relations conflictuelles reviennent souvent chez nous, c’est assez proche de notre univers cinématographique. Au niveau paroles ou compo, on aime les contrastes, du lumineux et du très lourd, de l’ouvert et du mélancolique, etc

Au début du projet, il y avait juste Tim et Antoine (basse et batterie) et comme Tim était celui qui chantait le moins mal, il a pris le lead à la voix. Moi (Diego), je suis arrivé après. Donc, les compo (sur Wounded) ont été faites à trois, et j’ai rajouté mes parties de guitare. Puis un quatrième est arrivé pour la tournée : Cesar (claviers, percu) et maintenant, on fonctionne un peu différemment. Il y a une volonté de collégialité, même si Cesar et moi, on vient quand même après Tim et Antoine.

Sur scène, en revanche, Cesar est au milieu. En fait, dans BRNS, il n’y a pas un mec tout seul devant, chacun a son droit de veto et le résultat, c’est vraiment le fruit d’une collaboration.

 

 

Les influences

On nous compare avec pas mal de groupes qu’on connaissait pas forcément avant. Nos influences à nous, c’est surtout la scène indie américaine. On se retrouve pas mal dans l’attitude DIY : on n’est pas là pour prendre la pose, les décisions sont collégiales et on contrôle tout le projet, jusqu’aux pochettes. Par exemple, la vente du merch à la sortie du concert, ça nous semble quelque chose de très naturel.

 

Les labels et la distribution

En 2014, on a une nouvelle sortie prévue (NDLR : Patine). Donc, on commence à envisager une distribution pour la France et l’Europe. Mais ça reste un choix de groupe, on ne veut pas s’emballer. On veut bien négocier, attendre, voir les propositions, comparer. Par exemple, on a eu plusieurs proposition de labels français : il n’y pas forcément de frilosité mais on sent quand même bien le manque d’argent. Certains deals proposés ne nous faisaient pas gagner plus d’argent que de faire nous même la vente directe. A un moment, on a même hésité carrément à ne  signer chez personne, et avoir une distri en direct. Mais, si tu veux tourner en Allemagne, en Europe, tu es plus fort quand tu es soutenu par un label. L’enjeu en ce moment, pour nous, il est là : trouver un bon compromis entre le DIY et la professionnalisation. Il est devenu nécessaire de lâcher les rênes et d’accepter enfin un contrat pour grandir plus rapidement.

 Un entretien signé Piedo & Disso

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