Angel, you are the only one now

Le 30 avril 2014 par Erwan

Combien de temps faut-il pour tomber amoureux ? Le temps d’un regard, d’un sourire peut suffire. Ça peut aussi être plus long, des semaines passées à côtoyer et connaître la personne. En musique ça peut aussi être rapide : deux minutes à peine, c’est le temps qu’il m’a fallu pour craquer pour Angel Olsen. Le temps de la chanson Forgiven/Forgotten. Et pourtant cette chanson, cette première impression, n’est pas représentative de la musique d’Angel (oui je l’appelle déjà par son prénom). Après avoir découvert ce titre l’an dernier, premier extrait de l’album sorti il y a quelques semaines, je suis allé écouter le premier album Half Way Home et l’Ep Strange Cacti, et j’ai découvert non pas un rock assez énergique comme Forgiven/Forgotten mais un folk très dépouillé, porté par la voix incroyable d’Angel.

On a parfois l’impression qu’il y a plusieurs voix chez elle, et qu’elle peut passer de l’une à l’autre en un instant. Une voix tantôt très sûre, tantôt très fragile, au bord de la rupture, comme si Angel était au bord des larmes (Always Half Strange). Une voix qui peut changer plusieurs fois au sein d’une même chanson, donnant à chaque fois un petit frisson à l’auditeur (Acrobat ou White Fire, sommet du dernier album).


Une voix qui, comme celle de Karen Dalton en son temps, semble avoir tout vécu. Une voix portant le poids du monde sur ses épaules, le poids de l’amour surtout, le sujet principal des chansons d’Angel Olsen. L’amour coupable (« Will you ever forgive me / a thousand times through / for loving you » sur Forgiven/Forgotten), l’amour idéal (« If only all our dreams were coming true / maybe there’d be some time for me and you / if only all the world could sing along / in perfect rhythm to the perfect song » sur Iota), l’amour absent (« I feel so lonely I could cry / but instead I’ll pass the time / sittin’ lonely with somebody lonely too / there nothing in the world I’d rather do » « Are you lonely too? / HIGH FIVE / SO AM I » sur Hi-Five) ou l’amour dont on essaye de se séparer (« It’s not just me for you / I have to look out too / I have to save my life / I need some piece of mind / I am the only one now / You may not be around » sur Unfucktheworld et « I need advice, it’s true / but I won’t hear it from you / I don’t remember when you last cared for the thing I do » sur Enemy).

L’amour naissant pour une artiste que je suivrai sûrement pendant des années, et que j’ai hâte de voir en vrai sur scène cet été à la Route du Rock.

Burn Your Fire For No Witness est en écoute sur Spotify.

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