Pitchfork Paris Festival, un premier jour laborieux

Le 2 novembre 2013 par Virginielasnob

Halle

Ambiance barbes et petits bonnets, nous voilà arrivées au premier jour du Pitchfork Paris Festival 2013.
La halle de la Villette est bien vide et glaciale tandis que Iceage termine son set (ouais on est à la bourre, à la parisienne, on a raté Only Real). Pour le peu que nous en voyons, rien de mieux qu’à la Route du Rock cet été. Le chanteur Elias Bender Ronnenfelt est certes bien joli avec ses faux airs de Di Caprio mais la performance est très brouillonne et un peu vaine. Ils sont jeunes, ont les défauts de leur âge et sans doute de la marge pour espérer progresser.
Petit moment d’incompréhension, ensuite, avec Blood Orange. Asseyez-vous dans votre canapé, allumez la première radio FM qui vous tombe sous la main, voilà, vous entendez ce petit son de funk pop dégoulinant. Vous y êtes. Nous, on passe notre tour.
Arrive ensuite le cas No Age, duo californien que l’on avait beaucoup aimé sur disque. Le début nous laisse perplexes, est-ce que leur musique passe mal le cap du live, est-ce dû à la sonorisation assez cradingue du premier jour ? Il faudra s’éloigner franchement de la scène pour arriver à retrouver un peu de sens et de mélodie au milieu de ce capharnaüm. Bref, un groupe à revoir dans de meilleures conditions.
C’est ensuite au tour de Mac DeMarco qui va faire s’emballer les jeunes. Il fait le show, slamme sur la foule, échange avec le public. Certes c’est un bon performeur, on ne peut pas lui enlever ça, cependant pour nous cela reste un joli produit mais assez aseptisé. A DLF, on ne comprend pas vraiment le buzz.

savages mosaïque

Près de 3 heures de concert et rien d’emballant jusqu’ici. ll faudra que les filles de Savages viennent un peu réveiller tout ça pour qu’enfin la journée décolle. C’est la 3ème fois qu’on voit le groupe depuis la Route du Rock 2012 ; là on en est sûres, on tient un putain de bon groupe de live. La chanteuse Jehn possède un charisme impressionnant, son engagement est très physique. Elle se balance vers le public, s’accroupit en bord de scène sur ses escarpins rouges et viendra même au contact de la foule. Plusieurs fois, portée par les vigiles, elle chante devant les barrières, petit bout de femme domptant les milliers de festivaliers par sa présence. Un très bon moment de plaisir siouxiesque.

Mount Kimbie reste une énigme pour nous. Malgré le succès évident du groupe ce soir-là, nous sommes complètement passées à côté de leur set, préférant clope, bière et papotage à cette musique très esthétisante.

Darkside, en revanche convainc tout le monde et très rapidement. Le projet de Nicolas Jaar offre une musique électronique mélangeant habilement une musique bien cérébrale à une rythmique bien efficace. On se retrouve, comme tout le monde d’ailleurs, à se dandiner et dodeliner très rapidement. Un live très agréable et réussi.

Puis vint le moment difficile de la soirée. The Haxan Cloak sort les basses sur-saturées et c’est insupportable, même en mettant les bouchons. L’air vibre jusqu’au fond des tympans d’une bouillie sonore indigeste. Certes, la sono est dégueulasse, et peut-être The Haxan Cloak méritait-il mieux, mais nous rendons les armes au bout de dix minutes de souffrance auditive, préférant respirer un air plus pur et surtout plus silencieux.

On se demande ce que fiche The Knife. Averties par les échos de leur « performance » au mois de mai à la Cité de la Musique, on craignait un peu la redite : une soirée danse sur fond de bande enregistrée. La présence dans le cadre d’un festival en temps que tête d’affiche de soirée nous laissait espérer un vrai concert. Les premières minutes vont d’ailleurs nous donner raison. Deux morceaux chantés avec instruments. Au troisième titre, ça se gâte : on vire les instruments mais Karin continue à chanter. C’est au 4ème titre que les suédois dégénèrent. Plus d’instrument, plus de chanteuse, plus de micro, il ne reste sur scène qu’une dizaine de gugusses costumés façon Véronique et Davina grande époque, entamant un spectacle de fin d’année de l’école communale. En combinaison fluo multicolore, les potes de The Knife sont venus s’amuser sur scène. Parce que non seulement ce n’est pas un concert, mais en plus c’est un mauvais spectacle de danse.
On n’ira pas jusqu’à crier à l’escroquerie, mais on peut franchement se demander ce que ça vient faire dans un festival de musique.

Donc, comme vous le voyez un bilan de première journée au Pitchfork Festival assez médiocre (ouais, on a payé 100€ pour les trois jours, et on a droit de critiquer si ça nous plait pas) Heureusement Savages et Darkside ont sauvé la soirée. C’était donc du côté obscur de la force musicale que ce soir il fallait aller chercher le salut.

Disso & Virginielasnob

3 Commentaires sur “Pitchfork Paris Festival, un premier jour laborieux”

  • lucilov

    haha oui grosse déception en mai avec The Knife je ne comprends vraiment pas pourquoi Pitchfork les a invité… Savages c’est cool même si ça ne casse pas des briques…si cest eux les meilleurs, c’est dire le niveau de la soirée quoi ;)

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