Primavera Sound, retour vers le passé

Le 17 juin 2013 par Erwan

Depuis quelques années, avec la multiplication des reformations de groupes, les festivals sont devenus des machines à remonter le temps, où l’on est plus attiré par la nostalgie que par la volonté de découvrir de nouveaux groupes. L’an dernier c’est Grandaddy qui m’avait amené à me rendre à Rock en Seine, et le mois dernier si je suis retourné à Barcelone c’est surtout pour y voir des artistes que je pensais ne jamais avoir la chance de voir sur scène.

Blur (photo : Eric Pamies)

Premier d’entre eux, Blur, la tête d’affiche de Primavera, et l’occasion d’avoir à nouveau 14-15 ans pendant une heure et demi en forme de best-of. Ils enchaînent tubes sur tubes, ça commence fort avec Girls & Boys et se termine par Song 2. Mention spéciale en milieu de set au duo Country House/Parklife, la perfection. On reste ado avec les Breeders qui jouent Last Splash à l’occasion des vingt ans de l’album. Les sœurs Deal sont toujours aussi cools et chantent toujours aussi bien ! Enfin je prends quelques années avec l’autre grosse attente du festival, The Postal Service, qui se reforment pour fêter les dix ans de leur unique album Give Up. Je retrouve Ben Gibbard, déjà là l’an dernier avec son groupe Death Cab For Cutie, accompagné cette fois de Jimmy Tamborello et Jenny Lewis. Presque tout l’album est joué, ainsi que les deux inédits présents sur la réédition de Give Up sortie il y a quelques semaines. J’avoue que je ne me suis toujours pas remis d’avoir enfin vu en vrai la belle Jenny… Côté nostalgie toujours, les plus vieux que moi pouvaient revivre leurs souvenirs adolescents avec Jesus & Mary Chain ou Dinosaur Jr, deux concerts très bons là aussi (mention spéciale à Just Like Honey avec Bilinda Butcher de My Bloody Valentine, autre reformation à l’affiche cette année).

Daniel Johnston (photo : Xarlene)

Évidemment Primavera ce n’est pas qu’un festival de « vieux » groupes, on peut y voir aussi tous les artistes du moment (sur les scènes Vice et Pitchfork notamment) comme Tame Impala (vraiment pas mon genre), Daughter, Cayucas (qui ennuie un peu en étirant ses chansons), Kurt Vile, Chris Owens ou Thee Oh Sees, auteurs de l’une des meilleures prestations du weekend. On y croise aussi les groupes confirmés de la scène indé : Neko Case (dont j’ai malheureusement raté une grosse moitié pour cause de beaucoup de monde pour retirer son bracelet le premier soir), Grizzly Bear et leur décor de méduses/spermatozoïdes au choix, Animal Collective que je suis heureux d’avoir enfin vu en live (et puis My Girls quoi !) ou Deerhunter, qui méritent une double félicitation : d’abord pour avoir la classe de remplacer au dernier moment Band of Horses qui ont annulé et ensuite pour m’avoir enfin convaincu sur scène après la déception à la Route du Rock en 2009 (ainsi qu’Atlas Sound, le projet solo du chanteur Bradford Cox présent l’an dernier à Barcelone déjà). Deerhunter est vraiment meilleur quand ils vont droit à l’essentiel (les titres très pop/punk du dernier album aident bien) plutôt que de se perdre dans de longues digressions instrumentales (ici cantonnées au premier et dernier titre du set).

Primavera c’était quoi encore ? Le concert de Daniel Johnston, artiste hors-norme, touchant et drôle. Les trop nombreuses annulations comme gros point noir de cette édition (Band of Horses donc, Fiona Apple, Foxygen, Rodriguez). Et enfin l’annonce du premier nom de l’édition 2014. Mince on va être obligé d’y retourner !

Vous pouvez retrouver pas mal d’autres vidéos live sur la chaîne Youtube de Primavera Sound

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