Posé dans le Mile-End : EP8

Le 16 juin 2013 par pareto35

Pas de t-shirt de P.I.L. sous la main, ni celui de Bauhaus. Ne parlons pas de celui de Joy Division. Tant pis, c’est soirée post-goht et je vais tout de même descendre à la SAT pour le show de Soft Moon. La SAT, j’en ai déjà parlé ici. Lieu d’expérimentation, d’expression et d’exposition au croisement des arts et de la technologie. Mutek se tenait en partie ici récemment. Pour hier soir, c’est la salle du bas, modulable, en configuration petit format pour Soft Moon et Dekoder en ouverture. Une soirée sous le signe du déluge post-punk, pas vraiment grand public et surtout, oui surtout, l’on est à Montréal et la saison des festivals est lancée. Je vais m’arrêter un instant sur ce qui se passe dans cette ville, car c’est, selon moi, tout simplement assez rare.

Classiquement, l’on dit que le week-end du grand prix de Formule1, au début du mois de juin, lance la saison des festivals. Bien, mais c’est à dire ? Et bien qu’à partir de maintenant et sans aucune discontinuité  jusqu’à la fin du mois de septembre, la ville va vibrer de mille pratiques artistiques, sonores et visuelles. Mais plus que l’enchainement étourdissant et qui rend la chose un peu complexe à suivre, c’est la superposition des festivals qui me frappe. C’est sans couture et cela favorise toutes les hybridations et les découvertes. C’est l’une des explications à la créativité de la ville. Donc ce week-end et dans ce billet, il est question de rien de moins que de 7 évènements. Je vais passer très rapidement sur le festival des Francofolies du 13 au 22 juin. De la francophonie, de la variété, tout le quartier des spectacles de Montréal rendu aux piétons. Des marques omniprésentes aussi. C’est la scène HydroQuebec, la scène BELL, la scène LaPresse, la Scène LotoQuebec, la grande scène Ford…l’Amérique de la culture non subventionnée. Mais l’on retiendra également que la Femme, Lescop, Aline ou encore Biolay seront ici. Mais, dans le quartier des spectacles, l’on trouve aussi la SAT, Soft Moon et au fond, le choc de deux univers artistiques et commerciaux.

Bon, la SAT c’est bien, c’est chic, c’est très downtown mais c’est cher. Donc là, on paye 15 pour rentrer puis 6 pièces pour une bière + 1 que l’on donnera par habitude mais en l’occurrence, le gars ne la mérite pas vraiment. Lumia 820_20130615_006 Dekoder, c’est un classique, basse, guitares, batterie, et une chanteuse que je vais avoir du mal à suivre au fil des titres ou des tounes en bon québécois. Siouxsie Soux prend un acide pour amortir sa descente de MDMA et au final que se passe-t-il ? Tout est neutralisé et alors que plus je la regarde plus je vois la remuante Beth Ditto, plus je me dis qu’il lui manque un fond de punk et de sincérité. Alors on est d’accord, il y a le tatouage (un très grand classique montréalais), une coupe «lesbian » (un très grand classique montréalais), un look convenable mais assez banale pour Montréal. Elle n’est pas ce qu’elle exprime ou à moins que ce ne soit l’inverse. Je ne connaissais pas, ils viennent d’ici, il pourrait y rester.

Puis vint soft Moon. Je ne peux pas dire mieux ni plus que ce que mes amis d’Alter1Fo ont écrit ici. C’est fort, c’est puissant, c’est pornographique, stroboscopique et ca transperce. Une heureuse alchimie entre les machines métronomiques et la chaire humaine. L’acmée, c’est une heure après et un rappel à la rythmique hypnotique et détonnante et puis plus rien. Presque criminel de nous laisser ainsi car dehors, ce sont les francofolies et la foule que l’on va tacher d’éviter autant que possible. Simple, bifurquons et remontons un peu sur St. Laurent, l’occasion de voir ou en sont les « muraux ». Un festival d’arts graphiques urbains. Le concept ? Depuis jeudi la rue est aux grapheurs pour des oeuvres permanentes qui marqueront durablement cette partie du boulevard.

Lumia 820_20130614_014 Lumia 820_20130614_013 Lumia 820_20130614_012 Lumia 820_20130614_004 Tiens en remontant un peu plus au nord, on passe le parc des Amériques où le festival FRINGE propose ses concerts gratuits. Concept ? Des artistes proposent une performance théâtrale, musicale, visuelle, … sans aucune censure. Il y a tirage au sort puis tout ce petit monde vient présenter sa création avec paiement minime ou au chapeau. Comme si l’on réunissait tous les OFF de tous les festivals et celà donne plus d’une centaine de shows sur 3 semaines dans toute la ville. On s’arrêtera un instant devant  Xania et son hip hop minimaliste des plus surprenants. Avec 2 jealous boys, dans un moment totalement rétro-futuriste, j’ai un instant cru voir une réincarnation de Dee-Lite en chaussettes bicolores.Lumia 820_20130614_020 Lumia 820_20130614_021 Lumia 820_20130614_022 Lumia 820_20130614_024 Bon sinon, il y a aussi le festival folk sur le canal qu’une pluie dominicale va sans doute gâcher, je n’irais pas. Par contre, le Suoni Per il Popolo offre toujours sa programmation indie au long cours. Et puis évidemment, comme tous les dimanches, il y a le piknik électronik du parc Jean Drapeau, sorte d’after en mode électro ou les poussettes co-existent avec les clubers. Tous les dimanches également, j’aurais pu préférer les tam-tams plus tribaux du parc Mt Royal et une ambiance à la Burning Man.

La ville sans coutures artistiques vous disais-je, multi-culturelles, multi-langues, multi-sites et nous sommes seulement le 16 juin. Viendront plus tard, le jazz, le cirque, le rock, le rire…A vous dégouter d’un quelconque retour en France.

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