Mon interview d’Arnaud Aymard (mais je veux bien partager)

Le 29 avril 2013 par Ju'Ho'

Attention, je suis sur le point d’écrire la seule chronique DLF qui évoquera Saint Jean d’Acre, les tripoux, la disparition du Gulf stream, les tresses africaines, le chômage en Europe, les chips goût chèvre et ma pilosité hivernale, le tout sans une goutte d’alcool.

Pour savoir s’ils ont trouvé la bonne, certains testent les réactions de leur amoureuse devant Star Wars… ou devant leur mère… ou devant une assiette de tripoux. Si la douce résiste à l’ensemble, alors allelulia c’est Elle, la créature qui rendra supportable la présence de légumes dans le bac à bières du frigo.
Les amoureuses, elles, exposeront le potentiel futur créateur du fruit de leurs entrailles à Dirty dancing… ou à leurs jambes de février… ou, quand l’amoureuse est ta Tataju et qu’elle veut « valider » ton Tontonju, à un pestac d’Arnaud Aymard. Bon, c’était complètement con comme idée : j’ai cru perdre l’animal tant il pleurait de rire…

Arnaud Aymard, mais qui est-ce-t-il donc ? Sa bio officielle dit ceci «  Né en 1425 j’ai été décoré par les croisés car j’avais conquis seul Saint Jean d’Acre en mimant un éléphant de combat. Je disparais pendant deux cent ans et je réapparais au café du commerce vers Vierzon le 16 juillet 1653, et je prends un porto. Plus rien pendant 300 ans, en 1953, on m’aperçoit aux côté de Kroutchev un missile à la main. Et je nais enfin en 1971, il était temps, en pleine guerre froide, ce qui m’a bien terrorisé. »
Tu vois:  tout de suite on en sait plus.

Bon, ok Arnaud Aymard c’est Paco chante la Paix, l’Oiseau Bleu, Perceval dans soleil noir, Canoan contre le roi Vomiir
J’ai découvert cet énergumène un soir du siècle dernier, au détour d’un grand mezze de François Rollin et Edouard Baer ; ce soir-là il était Paco, chanteur guatémaltèque né d’une mère bègue et d’un père décédé. Je le retrouvais bientôt sous forme d’Oiseau Bleu, occupé (avec Jean-Pierre l’anémone de mer et Pico-Pico le hérisson) à sauver la Suisse envahie par les chômeurs. Vinrent ensuite re l’Oiseau bleu, re-re l’Oiseau Bleu, le Cabaret philosophique, re-re-re l’Oiseau Bleu…… et enfin le 19 avril dernier, dans le cadre de Mythos, Canoan ou le roi Vomiir.
Après avoir fait une offrande à la divinité du Thabor, le « Jeune Savoyard pleurant sa marmotte » (si si, je t’assure, cherche vers la roseraie si tu me crois pas), je suis allée interviewer monsieur Aymard à quelques heures de sa performance.

DLF – Comment naissent tes personnages ?
Ça vient très doucement. Ça part d’envies. Par exemple j’ai envie d’être un chanteur alors je cherche un chanteur. Ou alors je fais une chanson et ça me fait penser à un personnage. Ou alors j’écris une histoire et j’ai besoin de quelqu’un pour incarner cette histoire et le personnage arrive : pour l’Oiseau bleu ça s’est passé comme ça par exemple. Canoan aussi.
Après il y a la façon dont ils s’élaborent… L’intérêt c’est de passer du temps en jeu, en réflexion… en dessin aussi. Je fais des dessins d’un peu n’importe quoi et ça me donne des idées.

DLF – ET comment décides-tu d’arrêter un personnage et d’en « démarrer » un autre ?
Aucun personnage n’est jamais abandonné. Ils jouent tous (NDLDLF: cf agenda ci-dessous). Ils tournent. C’est à la demande en fait. Je décide seulement pour les nouveaux personnages,  je les pousse un peu. C’est ce qui se passe pour ce soir.
Canoan est un nouveau spectacle un peu particulier car c’est une série- feuilleton. Il y a pour l’instant une saison de finie avec 8 épisodes de 1h15 que j’ai joués à Tours pendant toute l’année dernière. J’écrivais au fur et à mesure. Ça me plait parce que je suis obligé d’écrire beaucoup, d’écrire vite, d’apprendre rapidement mon texte. Pour l’instant c’est assez brouillon, assez maladroit mais l’important pour moi c’est que l’histoire soit là, même si c’est mal dit. Je fais pas tellement d’efforts au niveau de la présentation. (NDLDLF: Meuuuuuuh non faut pas dire ça)

DLF – Je crois savoir que tu es récemment allé faire un petit tour en Afrique. Dans quel cadre était-ce ?  (et t’es-tu fait faire des tresses)
C’était pour un festival à Ouagadougou (Festival « Rendez vous chez nous – les villages d’Afrique accueillent les arts de la rue »). J’y étais invité pour un spectacle qui démarre, le spectacle « Masterclass » que je crée avec Fred Tousch et François Rollin. Nous étions en quelque sorte en résidence: en résidence dans la rue à Ouaga. Le spectacle n’est pas encore vraiment abouti, on cherchait en même temps. Mais je sais que sur la fin il a su trouver son rythme. (Et non, parce que j’étais chauve)

DLF: A propos de Fred Tousch justement, est-ce que tu continues le Cabaret philosophique ? J’étais à une représentation récemment et Daniel Sponk Datahunter avait changé de tête…
Oui oui on continue bien sûr ! C’est une véritable bouffée d’oxygène. Tu as vu la seule représentation dont j’étais absent !

 

DLF: Peux-tu nous donner des nouvelles de l’Oiseau bleu ? Comment va-t-il dans cette Europe envahie par les chômeurs ?
L’Oiseau bleu vit dans un espace parallèle, il n’est pas vraiment dans notre réalité (NDLDLF: Haaaaaaaaaaaaaaaaaaan!). C’est pratiquement le même monde sauf que les chômeurs ont réussi peu à peu à morceler l’occident. Je suis en train d’écrire le 3ème épisode en BD. Il s’appelle « On a volé la France ». La France a disparu, il la cherche. C’est à cause des Russes : ils ont pété le gulf stream. Ils ont mis plein de sous-marins nucléaires sur la côte nord de la Russie et ça a fait dégeler la glace. Ils ont fait ça pour construire des stations balnéaires pour les Chinois pour se faire plein de thunes.  Donc ça a fait un climat météo horrible. En plus de cela, les rois, après la révolution française, n’ont pas du tout disparu : ils se sont enfouis sous terre et y vivent (à 100m sous terre). Ils n’ont pas assez de place alors ils ont essayé d’agrandir leur territoire en faisant des mezzanines, du coup ils ont surélevé la France et ça a créé une faille. Faille dans laquelle un courant d’air, jusque là bloqué par le Gulf stream (NDLDLF: pété par les Russes, tu suis oui ?) et la France s’est envolée.
Je cherche un vrai dessinateur.

DLF – Pour terminer, car nous sommes un blog musical, peux-tu m’indiquer le morceau fétiche de l’Oiseau Bleu ?
C’est le générique de Sébastien et la Mary-Morgane, je le chante dans le spectacle.

 

Voilà. Merci au Jeune Savoyard de m’avoir aidée à interviewer Arnaud Aymard et merci à Arnaud Aymard de m’avoir aidée à interviewer Arnaud Aymard et merci à Arnaud Aymard de m’avoir aidée à interviewer Arnaud Aymard et merci à Arnaud Aymard pour son pestac. Et merci de noter que le public de Jacques Higelin a mangé toutes les chips goût chèvre et que je n’en ai pas eu.

 

Arnaud Aymard vient chez toi bientôt:
1er mai L’Oiseau Bleu, Guise
3 mai L’Oiseau Bleu, Lons le Saulnier
4 mai Perceval, Soleil Noir, Riom
26 mai Paco Chante la Paix, Forbach
22 juin Perceval, Soleil Noir, Villeurbanne – festival Les Invites
28-30 juin The Incredible Canoan Show, Sotteville-Lès-Rouen – Viva Cit
12 juillet Perceval, Soleil Noir, Carvin (tbc)
13 & 14 juillet The Incredible Canoan Show & Perceval, Metz – Hop Hop Hop
20 juillet L’Oiseau Bleu, Vaudreuille
21 juillet Paco chante la Paix, Salies-de-Béarn – Fête des sottises !
26 au 28 juillet Perceval, Soleil Noir, Sumène

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