Les underdogs de la pop

Le 2 avril 2013 par Erwan

Malgré des qualités de songwriting indéniables et une discographie sans faute, les trois groupes/artistes qui font l’objet de ce post n’ont jamais vraiment connu le succès et semblent n’intéresser, un disque après l’autre, qu’une poignée de fans dont je fais évidemment partie.

Direction outre-manche pour commencer avec le groupe de Manchester I Am Kloot, qui vient de sortir son sixième album Let It All In en janvier dernier. Avec un tube comme From Your Favourite Sky sur leur deuxième disque, ils auraient pu ramasser la mise et suivre les traces d’Elbow, mais il n’en a rien été et c’est finalement leur avant-dernier album (l’excellent Sky At Night) qui a le mieux marché. On retrouve sur Let It All In la formule qui fait la marque de fabrique du groupe anglais : un folk qui est porté par la voix éraillée de John Bramwell et qui laisse souvent la place à de belles envolées finales, tous violons dehors (Hold Back The Night en meilleur exemple).

On reste en Angleterre avec Ed Harcourt, qui sort lui aussi son sixième album Back Into The Woods. Douze ans après sa découverte, Ed reste l’un de mes singers-songwriters préférés, et son deuxième disque From Every Sphere l’un des albums les plus chéris de ma discothèque. Son dernier est un peu différent des autres : il a été enregistré en six heures aux studios Abbey Road, avec Ed Harcourt seul au piano ou à la guitare, accompagné de cordes uniquement sur Hey Little Bruiser. L’enregistrement live renforce ainsi les deux qualités qui ont toujours été présentes sur tous ses disques : sa voix magnifique et l’écriture des chansons, autant au niveau des paroles que des mélodies. Like it or not / I’m the man that time forgot dit-il en clôture de l’album. Mais moi je ne suis pas encore prêt à l’oublier.

Enfin on traverse l’atlantique pour aller voir le canadien Ron Sexsmith qui en est lui à son douzième album depuis ses débuts en 1991. Un sans-faute à chaque fois, le changement venant de la production plus folk ou soul sur tel ou tel disque. Après un Long Player Late Bloomer un peu surproduit selon certains mais très bon malgré tout, Ron revient avec le plus simple Forever Endeavour. Ce n’est sans doute pas avec ce disque qu’il connaîtra enfin le succès, sachant qu’un duo avec Chris Martin de Coldplay sur un album de 2002 n’avait pas suffit. Forever Endeavour contient pourtant encore son lot de merveilles, à commencer par les deux titres en ouverture (Nowhere To Go et Nowhere Is) ou Me Myself And Wine que je me sens obligé de citer rien que pour le jeu de mots.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *