Posé dans le Mile-End : EP6

Le 29 mars 2013 par pareto35

Soirée modulation de fréquence à la Casa del Popolo hier soir, club de quartier à la programmation quotidienne. Il y a deux choses que je n’avais pas repéré lors de ma première virée. La première c’est que la Casa semble être sur le circuit de nombreuses tournées indie nord-américaines et dans le corridor Brooklyn, Toronto, Montréal. L’option Détroit, Chicago pouvant être envisagée. Deuxièmement, les affiches qui annoncent les shows à la casa sont toutes très travaillées et font l’objet d’une exposition permanente dans la salle de concert.

Pas d’exception donc pour Insect Ark qui ouvre pour tout le monde et Benoit Pioulard qui ouvre pour Aidan Baker. Tous en tournée nord-américaine. Pour 10$, c’est soirée post-(ce que vous voulez), (ce que vous voulez)-gaze et expérimental.

Insect Ark, c’est le nouveau projet solo de Dana Schechter. Elle arrive de NYC après avoir longtemps séjourné à Berlin. Artiste aux casquettes multiples qui assura un temps la basse chez B. Burgalat. Bon là ce qu’elle nous présente, c’est elle, des machines, une steel guitar qu’elle va torturer, une basse et un Mac. Alors comme cela arrive souvent quand le câblage est compliqué, c’est qu’à trop bricoler cela finit par ne plus fonctionner. Problème de branchement, de contact…bref, on la sent très agacée avant le premier titre et plus après le premier puisque re-panne. Sur le fond, autant le bandcamp laisse penser à une vrai structure et à un ordre dans le chaos sonore, là sur scène c’est un foutu bordel. Elle prend la basse et tape comme une sourde, la steel crache du décibel distordu, déclenchement de pédales hors temps…4 titres très très sonores et puis s’en va. Pas grave.

Et là je me dis, cool voici Benoit Pioulard de son vrai nom Thomas Meluch lui aussi artiste complet et posé à Seattle. J’apprécie vraiment son travail et l’étrange plénitude pleine de complexité qu’il sait imposer. Il est également seul avec ses pédales pour nous présenter Hymnal son dernier LP. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Mais l’élégant installe une ambiance cotonneuse et toute en suspension. Les loops sont parfaitement maitrisées, la voix est en place, les accords sont délicats. Le public commence à s’asseoir, c’est clairement un concert à écouter à l’horizontal. On aurait aimé parfois un soutien rythmique, un petit mur sonore mais c’est un moment vraiment agréable…ah oui la Griffon Blonde est à 5$+1$. Donc non, ce moment est vraiment correct pour reprendre une expression du coin.

Fin de soirée avec la tête d’affiche Aidan Baker, Dana Schechter qui revient pour la basse et un violoniste pour les accompagner. Aidan Baker nous vient de Toronto, la transition culturelle et urbaine entre NYC et Montréal m’a t-on dit. J’irais vérifier. Ecrivain, multi-instrumentistes aux très nombreuses collaborations. Artiste complet et entrepreneur d’art donc. Premier titre, seul à la guitare. Loops, très légère électronique et la maitrise. LA maitrise de la guitare dans son plus profond retranchement post-post ce que vous voulez. Je suis en arrêt, c’est vraiment gracieux. Puis les 2 compères montent pour 15mn d’un savant mélange sonore à peine teinté d’une voix lointaine. C’est vraiment de l’alchimie renversante. Et là j’aimerais un casque et le crépuscule. Ah par contre, le garçon n’en donne pas plus. 2 titres et puis s’en va. Ca c’est sauvage et vaguement pervers mais si l’on veut, on peut échanger avec tout ce petit monde au merchandising et prolonger une soirée très cérébrale.

Bon sinon, le printemps Montréalais, enfin il fait 8 deg, a tué la neige. C’est marrant cette éclosion généralisée post-hibernation. Les t-shirts, les sneakers, les terrasses…Montréal s’habille pour l’été.

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