L’interview : TROPICAL HORSES

Le 26 mars 2013 par Disso

Je ne sais plus trop comment le lien pour l’EP Stand on the Beach de Tropical Horses m’est tombé sous les yeux, enfin, surtout sous les oreilles. Les réseaux sociaux, Twitter, Facebook, un mail, je ne me souviens vraiment plus. Ce que je sais, c’est que dès la première écoute, j’ai accroché. Le son assez direct, garage, un peu cradingue, ça me parlait. Donc, quand Les Embellies ont fait jouer Tropical Horses, je me suis dit que ce serait l’occasion de sonder un peu ce jeune musicien rennais/parisien.

Ambiance : Rendez-vous fut pris au Café du Port, en plein centre du vieux Rennes, deux heures avant son concert. Il semblait assez détendu, je l’étais aussi et nous avons devisé tranquillement sous l’auvent plastique d’une terrasse qui nous abritait des quelques gouttes d’eau qui tombaient. Une sorte de grille pain rougeoyant perché en altitude réchauffait un peu la nuit tombée et Max Antoine parlait de ses goûts, ses envies, avec simplicité, naturel et grande gentillesse. Et voilà ce que ça a donné.

J’ai vu sur ton Bandcamp que tu étais Rennais ?

A la base, j’ai fait des études de ciné et communication à Rennes. Là, j’ai commencé à faire des petits trucs pour me marrer avec mon coloc, Des sons assez noisy, dans l’idée de rechercher des mélanges : sons électroniques et basses, trucs lourds avec une petite douceur derrière. En gros : faire une chanson pop avec un son très sale.

 

Tu as un lien musical d’une façon ou d’une autre avec Rennes ? Par exemple, tu te reconnais comme appartenant à une scène musicale rennaise ou rien à voir ?

Je suis plus proche de la scène nantaise, Albinos Congo, Disco Anti Napoleon. Y a un truc que j’aime bien là bas. En plus, je suis parti à Paris quand j’ai commencé à faire de la musique à Rennes. Du coup, je ne me reconnais pas forcément dans la scène pop rennaise.

 

Tes influences musicales ?

J’ai pas vraiment d’influences principales. Les White Stripes m’ont beaucoup appris, dès le collège,  j’écoutais ça. Mais j’écoute aussi de la musique africaine, touareg, les trucs un peu déviants, le shangaan electro, le black metal, et Burzum. Au-delà du mec et de ce qu’il a fait, j’aime beaucoup le son ample et lourd, quelque chose d’atmosphérique dans un univers sombre, avec des plages quasi electro qui arrivent de nulle part.

Et le Psyché ?

Le psyché, c’est pas le truc que j’ai le plus écouté. C’est sûr qu’avec ma façon de jouer avec la pédale de loop, la boucle, ça force à ajouter des accords un peu psyché en live, pour « combler ». Mais l’idée, c’est plus de faire un morceau qui va dans des univers assez différents avec la même rythmique de départ.

 

 

Qu’est ce qui t’a décidé à te lancer dans la musique ?  Tu comptes en vivre à terme ? Ou tu aurais envie d’en vivre ?

Je ne suis pas du tout plein d’illusions par rapport à ça, j’ai un projet qui va évoluer. L’idée, c’est de faire ça avec beaucoup de sérieux. Mais si je perds pas d’argent, c’est déjà bien. J’aimerais bien gagner de quoi payer le matos. Et si je peux avoir des occasions, comme une petite tournée, c’est bien.

 

Et le fait de fonctionner en solo sur Tropical Horses, ce n’est pas handicapant parfois ? Comment tu fais évoluer le projet?

Tout seul, je pourrais tourner partout, mais je suis pas sûr d’être du genre à aimer faire 30 boites à la suite. Je veux y garder du plaisir. J’enregistre tous mes concerts, toutes mes repet… Et après, je travaille dessus. Les morceaux ne sont pas fixes, ils évoluent dans le temps, je les retravaille. Un groupe qui fait la même chose sur scène et en album, comme M83 par exemple, c’est pas très intéressant.
Je préfère commencer les projets tout seul et ensuite, si ça devient intéressant, recruter des gens en plus, des avis, etc. Déjà, j’ai tendance à demander leur avis à mes potes, pour voir si ça peut gagner en puissance etc. Mais pour l’instant, la formule solo ne me lasse pas. C’est comme Mein Sohn William que j’aime beaucoup, note que maintenant, ils sont deux. J’ai beaucoup d’estime pour ce qu’il fait.

 

Est-ce que tu es seul à gérer ta promo ? Et par quels biais elle passe cette promo ?

Pour ma promo, je me suis dit : on va rien faire, je vais voir comment ça marche. Y a pas eu de communication, par exemple, quand il y a eu le truc des Inrocks, Abigail (qui s’occupe des Inrocks Lab) a trouvé ça bien, et sans que j’ai eu à lui demander quoique ce soit. Ça s’est fait « tout seul ». La promo, pour l’instant, elle passe surtout par les concerts.

Le concert des Balades Sonores, avenue de Trudaine, ça c’est très bien passé, j’adore les petits endroits. Avant, j’avais fait des trucs en appart, des concerts d’une heure et demie. C’était un bon entrainement. C’est que depuis janvier que je fais des concerts, ce n’est que mon sixième concert. Pour l’instant sur les concerts, y a pas mal de gens qui s’attendent à voir un truc très proche de l’EP et qui peuvent être un peu surpris. Mais, ça ne m’intéresse pas de refaire toujours la même chose.
Sinon, pour la promo, j’ai pas de label, j’ai pas de tourneur, mais j’ai rien contre un tourneur, hein…

 

Et l’aspect financier, concrètement, ça se gère comment ?

J’ai un petit cachet, du moment que j’ai de quoi m’acheter du matos, ça me va. J’ai pas de support physique pour le moment, juste des K7. Ce qui serait bien, ce serait un label qui s’intéresse à moi. Tiens, d’ailleurs, le 22 juin, je fais une date au Stakhanov.

 

Le titre de l’EP Stand on the Beach, un rapport avec les affrontements Mods / Rockers des années 60 ?

Aucun rapport, j’aime pas trop les mouvements rock, en fait. Ce titre-là, c’est plutôt comme L’Eté Indien de Joe Dassin, c’est le coté un peu « attentiste », très descriptif. Le mec un peu défoncé qui décrit ce qui se passe. J’aime bien les paroles un peu intrigantes, surréalistes. J’ai incorporé des petits sons de vagues etc, et là, c’est parti… Le morceau a un rapport à la plage, mais pas dans l’idée du cool, dans l’idée  un peu sombre d’une ombre qui plane… C’est aussi un moment d’évasion, un truc assez contemplatif.

Tropical Horses au Café du Port pour Les Embellies

Je suis intriguée par un de tes titres de chanson, Death to Feminism, tu peux m’expliquer au juste ce que c’est ?

C’est une petite private joke. C’est le titre qui claque bien. Je déteste les groupes qui se posent en « revendicateurs », la chanson française à texte »

 

Ton inspiration pour les textes, elle te vient d’où, justement ?

J’ai d’abord le morceau, la musique et après seulement, je mets des paroles. Quand j’ai fait l’EP, j’etais fatigué, j’avais fait pas mal de nuits blanches, du coup, je pratiquais l’écriture directe. Je préfère ça,  l’écriture directe. J’aime pas trop tous ces clichés du mec qui prend des psychotropes pour écrire.

 

Quels sont tes projets, là ?

Je prépare un nouvel album, j’ai pris deux mois pour préparer ça. Le précédent avait un côté lo fi est assumé. J’ai tenté de l’enregistrer en conditions plus correctes, mais le premier, il avait ce charme, ces textures, ces défauts…  J’aime beaucoup ça. Y a un coté sincere là dedans que je ne peux pas retrouver  en studio.
Le nouvel EP, ce sera dans l’année, ce sera assez différent de Stand on the Beach. Ce sera plus de moments psyché, plus abrasif avec des gammes orientales… C’est pas un projet qui se veut la même chose, c’est pas la répétition du précédent. Ce sont des univers différents mais proches. Par exemple, j’aime beaucoup les deux premiers albums de The Horrors. Ils ont été intéressants parce que justement, ils ont essayé un truc très différent.
J’aime bien Animal Collective, le dernier j’aime moins. Ice Age, aussi le premier etait genial le 2nd j’aime moins. Thee Oh Sees aussi, j’aime beaucoup.Pareil, c’est un groupe qui évolue. Sur le 2eme album, ils essaient des instruments originaux,  presqu’anciens, j’aime beaucoup. Dirty Beaches aussi, j’aime beaucoup. Il a même partagé ma page sur FB, j’étais fou.

 

Et pour l’avenir, tu te souhaites quoi?

Pour l’avenir : l’EP et des petits concerts. J’aimerais aussi avoir des opportunités pour une petite tournée à l’étranger,  Espagne ou Grande-Bretagne par exemple. En Grande Bretagne, ils se branchent et ils jouent direct. Je sais pas combien de temps ça va durer, tout ça, mais en attendant, je voudrais continuer à « prendre du plaisir » même si ça fait un peu phrase de footballeur…

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