Old(ies) but good(ies)

Le 9 octobre 2012 par Erwan

Les disques de cette rentrée 2012 m’amènent de déception en déception, avec des albums au mieux plutôt moyens, en deçà de ce que j’en espérais (Jens Lekman, Grizzly Bear, la collaboration entre David Byrne et St Vincent) et au pire franchement mauvais (Cat Power, Animal Collective). Je suis alors les conseils des collègues mais j’ai encore du mal à m’enthousiasmer : le Calexico est assez joli mais je crois que je me lasse de ce groupe (Piedo, pourquoi tu cries ?), le Dinosaur Jr est pas mal non plus (Don’t Pretend You Didn’t Know en ouverture est superbe) mais ça reste loin de mon genre habituel pour que j’adhère sur la longueur d’un album et le Swans est éprouvant (prévoir une boîte d’aspirine par écoute)(et donc espacer les écoutes pour éviter l’hépatite fulminante).

Je crois que je deviens blasé depuis que je suis vieux (comprendre trentenaire). Alors je vais me tourner vers les vieux (comprendre vraiment vieux), et ça tombe bien car finalement les deux albums qui tournent en boucle sur la platine depuis septembre sont ceux de Bob Dylan et Bill Fay. Dylan d’abord avec son dernier album Tempest, cinquante ans (50 !) après son premier album. Le swing du premier titre (la vidéo ci-dessus) me rappelle les plus belles heures de Treme, cette série qui nous raconte la vie de la Nouvelle-Orléans après Katrina. Accoudé à un petit bar de Bourbon Street en buvant son verre de… bourbon évidemment, on s’y voit tout à fait.

Treme Song by John Boutté on Grooveshark

Passée cette intro en fanfare, le Zim déroule son style habituel avec de longues chansons imparables qui vous embarquent et ne vous lâchent plus pendant 7 à 14 minutes. On pourrait les citer toutes tant cet album est un sans-faute (allez si, il y a quand même le poussif hommage à Lennon en clôture) mais je me contenterai de mettre en avant Pay In Blood pour la voix plus éraillée que jamais et Tin Angel pour ce motif de banjo/contrebasse, répété à l’infini et terriblement addictif.

Bill Fay, si vous suivez, vous vous souvenez peut-être que je l’évoquais en introduction de mon dernier article concernant la foi en musique. Lui aussi n’est plus tout jeune, ses deux premiers albums datent de 1970 et 1971. Puis plus rien, le succès n’ayant pas été au rendez-vous. Sa carrière aurait pu s’arrêter là, alors que ces deux disques n’ont rien à envier aux meilleurs albums de l’époque (écoutez ce superbe The Room par exemple).

The Room by Bill Fay on Grooveshark

Après des rééditions et la sortie en 2004 d’une reconstitution du troisième album jamais sorti à l’époque, voici 41 ans après le véritable troisième album de Bill Fay, Life is people. Et là où la Blogothèque y voit un album « trop fourre-tout » préférant les compositions les plus simples, celles qu’aurait pu nous sortir un Nick Drake s’il était toujours vivant (Big Painter ou The Never Ending Happening), j’y vois un album varié et sans-faute là aussi, appréciant également les morceaux plus riches et rythmés, comme This World avec Jeff Tweedy (plus loin Bill Fay reprend d’ailleurs Jesus, Etc. de Wilco) ou There Is A Valley, Be At Peace With Yourself et Thank You Lord et leurs aspects gospel. Et la voix ? Alors que chez Dylan elle est de plus en plus rauque, sur ce disque Bill Fay semble avoir une voix encore plus belle qu’il y a 40 ans, plus moelleuse. S’il doit y avoir une suite à Life is people, espérons que nous n’ayons pas à attendre encore 41 ans (car à ce moment-là Bill Fay sera centenaire et nous plus tout jeunes !).

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