Anathema, au delà de l’image

Le 20 septembre 2012 par Disso

Il y a plusieurs sortes de groupes maudits. Ceux qui splittent sans cesse, ceux qui font la meilleure musique du monde dans l’indifférence générale et qui deviennent culte trente ans après quand quasiment tous les membres sont morts, ceux dont les batteurs disparaissent tous mystérieusement et ceux qui n’arrivent pas à se débarrasser d’un « lourd passif », d’une orientation extrême dans leur jeune carrière. Certains reviennent à leurs premières amours quand les tentatives plus grand public ont échoué (Paradise Lost, que de regrets !), et ceux qui tracent quand même leur route, envers et contre tout (tous ?), suivis par une ou plusieurs poignées de fans indéboulonnables.
Anathema fait partie de cette dernière catégorie. Orientés doom/death au début de leur carrière , ils se sont tournés ensuite vers un pop/rock beaucoup plus atmosphérique (le mélancolique Alternative 4, le très pop A fine day to exit) voire progressif (depuis l’album A natural disaster, notamment). En gros, ils sont passés de Candlemass à Pink Floyd… et ont su garder un public de fidèles qui les a suivis, mais sans forcément gagner de nouveaux admirateurs, puisqu’ils sont toujours catalogués hard-rock/Metal…

Et pourtant… A weather system, leur dernier album, est une pure merveille de pop progressive éthérée… Quelque chose qui serait comme un mix du Pink Floyd de « Us and Them » (sur Dark Side of the Moon) (la voix aérienne de la jolie Lee Douglas prend désormais une place de plus en plus prépondérante, venant plus qu’épauler Vincent Cavanagh) et de celui de Division Bell pour la tonalité générale, la progression des morceaux «Untouchable part 1 & 2 » qui ouvrent l’album sont le genre de morceaux qu’on peut écouter pendant la fin du monde en se disant que la vie c’était quand même chouette). Point de guitares agressives ici, pas de double pédale, juste des guitares acoustiques, des mélodies magnifiques, deux voix sublimes et incroyablement complémentaires, pas d’effets superflus, les touches de clavier et de synthé qui viennent parsemer l’ensemble semblant toujours totalement nécessaires.
Certes, il n’y a pas de « single » dansant, pas de côté  années 80,  juste de la musique, belle et gracieuse. Et si Anathema n’arrive jamais à toucher d’autres cœurs que ceux des métalleux les moins endurcis, ce n’est pas grave mais ce sera terriblement dommage pour ceux qui disent aimer la musique. Ils sont à Rennes le 26 octobre, à l’Antipode, à tout hasard…

Nicolas C

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