Route du rock 2012, compte rendu de dimanche

Le 13 août 2012 par Disso

Achevons ici la trilogie des soirées Route du rock. Après un vendredi placé sous le signe des boss avec Dominique A, Soft Moon et Spiritualized, un samedi sous le signe des filles avec Savages, Lower Dens, la programmation de la dernière soirée de la route du rock s’annonçait pour le moins étrange. Et les rumeurs allaient bon train : Hanni el Khatib en fin de soirée, folie douce? Mazzy Star envoûtante ou soporifique? Quel point commun entre les fans de Pavement/Malkmus et ceux de Hope Sandoval? Donc on le voit l’air du temps était à l’inquiétude, inquiétude d’autant plus grande que les nouvelles sur les entrées n’étaient pas bonnes.

TheWalkmen@Route du Rock 2012-alter1fo (2)The Walkmen (photo Alter1fo)

Parce que oui, il faut évacuer tout de suite la question qui fâche. Cette édition 2012 de la route du rock ne fut pas un succès commercial, c’est évident. Et pourtant tout semblait y être : toutes les découvertes récentes Alt-J, Lower Dens, Breton, Egyptology mais aussi les groupes déjà plus confirmés et attendus comme The XX, Lanegan ou the Walkmen. On avait aussi le droit à un soleil et des températures très agréables, et pourtant les soirées sont loin d’avoir fait le plein. On évoque un total d’environ 14000 entrées contre 25000 l’an passé, le point d’équilibre financier se situant autour de 17000.

Quelles explications avancer? Elles sont nombreuses à mon avis :

La première est avancée par les programmateurs eux-mêmes: l’absence d’une grosse tête d’affiche, la plus grande étant the XX dont l’album qui devait sortir cet été a été repoussé à l’automne. The Walkmen sont un excellent groupe de scène, renommé, mais guère au-delà de la sphère indie j’en ai peur. Le temps des éditions précédentes a sûrement joué un rôle, la pluie torrentielle de l’an passé a dû en effrayer plus d’un. Et tant d’autres possibilités : la crise économique, l’absence quasi totale des Anglais (sans doute pour cause de JO), l’envie de plage avec le soleil, le coût toujours croissant des cachets des artistes, la concurrence des autres festivals même si clairement la route du rock ne se positionne pas sur le même créneau que les festivals à Shaka Ponk. Alors oui, la route du rock va perdre de l’argent sur cette édition après avoir enfin réussi à redresser les comptes, oui cela se voyait dans le fort, particulièrement dimanche. Mais après, voilà, la route du rock qui se gamelle, c’est un peu comme ma petite cousine qui tombe de vélo, j’ai plus envie de courir la consoler et la prendre dans mes bras que de lui crier dessus.

Il y eut des changements aussi dans cette route du rock, des améliorations, des essais etc, mais j’en reparlerai dans un post ultérieur, en attendant, donc, place à la musique. Je le dis tout de suite, pour cause de grande fatigue, j’ai loupé Judah Warsky dont j’avais pourtant beaucoup aimé l’album, mais heureusement Ju’Ho l’a vu ET interviewé pour nous. Même chose avec Cloud Nothings dont je n’ai vu que la fin. Les échos sont très positifs, le groupe visiblement très pêchu donnant même envie de pogoter à certains. Et toute la soirée, les bons concerts vont se succéder, dans des styles musicaux très différents.

Stephen Malkmus aura ravi les inconditionnels de Pavement (dont j’avoue humblement ne pas faire partie), puis Chromatics et sa pop dansante eighties va faire danser le festival. Un set très bon dans son genre, une musique qui m’évoque par certains aspects Everything but the Girl. En revanche, la chanteuse ne rayonne pas de joie, c’est le moins que l’on puisse dire, mais après tout, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

La très attendue Hope Sandoval constitue l’erreur de programmation de la soirée, à mon avis. Non pas tant à cause de sa performance qu’à cause du moment où le concert était programmé, à savoir à une heure où les festivaliers épuisés n’avaient plus qu’une envie : danser, exploser, se défouler. Or Mazzy Star offre une musique plus propice aux rêveries allongés dans l’herbe sous les étoiles en amoureux qu’à une débauche d’exaltation jouissive.

Colin Stetson, comme il l’avait déjà fait aux Transmusicales, impressionne de puissance, d’inventivité, de sagesse musicale. Seul à la tour, avec son saxophone, il captive avec cette complainte lancinante des instruments dont le son semble se transformer en une respiration humaine. Au-delà de la performance technique (et physique, il faut voir son état à la fin du concert), c’est une émotion intense qui nous touche tous. Un des très grands moments de la soirée.

The Walkmen @ Route du Rock - alter1foLeithauser de The Walkmen (photo Alter1fo)

Là, c’est mon instant confession, je dois vous avouer qu’à part The Rat, je connaissais très mal The Walkmen, et pire : j’avais toujours refusé de m’y intéresser. Mais en trente secondes, Hamilton Leithauser va me rappeler qui est le boss ici et je me laisse embarquer dans une heure de plaisir intense, à se trémousser en tous sens, secouer la tête, dandiner et lever les bras au ciel. Le rock simple, efficace et puissant des Walkmen fait office de catalyse pour tout un festival épuisé.

Quand Hanni el Khatib succède sur la scène aux Walkmen, je reste par curiosité, juste pour un ou deux titres m’étais-je dit. Mais comment résister à cette trombe d’énergie garage rock? A nouveau, je me laisse emporter, à nouveau le rock reprend ses droits et enfin, enfin la route du rock offre en ce dimanche soir, l’explosion que nous avions tous tant attendue.
(et qu’est-ce que je suis fatiguée… Vous n’imaginez même pas)

 

Retrouvez les vidéos sur le site RDR 2012 d’Arte Live Web. Et pour plus de photos, rendez-vous sur l’excellent Flickr d’Alter1fo.

Un commentaire sur “Route du rock 2012, compte rendu de dimanche”

  • Oh que si j’imagine. Dimanche, je ne me suis réveillé qu’à partir des Walkmen. Excellente prestation, « Angela » m’a littéralement extasié. Mais Mazzy Star, moi, ça m’a fait du bien, après le déluge de décibels des deux jours précédents…

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