Route du rock 2012, compte rendu de samedi

Le 12 août 2012 par Disso

Deuxième jour et déjà la fatigue se fait bien sentir. Heureusement, la soirée va nous permettre de retrouver énergie et envie assez rapidement. Ça commence tranquille Mimile par les jolies nappes sonores d’Egyptology dont nous n’entendrons qu’un bout pour cause d’arrivage un peu tardif. Mais, aucun doute, j’irai revoir ce groupe en concert. Foin d’Egypte avec le groupe qui suit, en provenance directe de Grande Bretagne : Veronica Falls. Le groupe est précédé d’une réputation flatteuse, de bonnes critiques de concert et ma foi, aucune déception. La chanteuse Roxane Clifford, petit bout de bonne femme brune en jupette plissée chante bien, la power pop alléchante du quatuor passe bien la rampe, une très bonne mise en bouche, estampillée « route du rock ». Le groupe est d’ailleurs signé sur le label de la Route.

Route du rock, le village des labels

C’est ensuite un gigantesque Mea Culpa que je vais pouvoir faire. J’avais vu, il y a fort longtemps, le duo John et Jehn à deux reprises. A l’époque, ils en étaient plutôt à leurs débuts, et si sur album, la voix de Jehn tenait bien la route, en live, elle constituait un peu l’élément faible de ce duo à la The Kills (ils rencontraient d’ailleurs un beau succès d’estime en Grande Bretagne). J’étais bien loin de me souvenir de la grande duduche un peu éthérée de John et Jehn lorsque je vois se pointer sur la scène de la route du rock Savages, quatuor exclusivement féminin, tout vêtu de noir et dont la ravissante chanteuse aux cheveux courts et en pantalon en démontrerait à n’importe quelle riot grrrl. Le set commence, puissant, sombre, bien rythmé, envoutant, meme dirais-je. La chanteuse à la voix puissante et rageuse occupe tout l’espace, la batteuse au physique gracile est impressionnante  et les lignes de basse fort alléchantes. Et c’est là que. On me révèle que ce que j’ai en face de moi, c’est Jehn. La fameuse de John et Jehn. Au delà des quelques instants de stupéfaction, je ne peux qu’être admirative devant l’intelligence de cette jeune femme qui l’a poussée littéralement à se métamorphoser musicalement (et physiquement aussi) pour offrir cette musique qui retourne l’assistance. Savages se situe clairement dans la lignée très très cold du début des années 80, gestes à la Joy Division, voix et mélodies à la Siouxsie mais Jehn apporte une touche supplémentaire. Un petit quelque chose un peu gavroche et tendre qui emporte l’adhésion. Et chose admirable, là où il y a quelques années, c’est le physique de la demoiselle qui marquait surtout, c’est aujourd’hui la musique du quatuor qui reste prégnante. Une vraie réussite, marquante et qui mérite une ola d’enthousiasme de ma part.

Savages @ Route du Rock 2012 -alter1fo

Savages (photo Alter1fo)

Lower Dens dans un genre très différent procurera également beaucoup de plaisir avec leur ghost pop sombre, la voix de Jana Hunter enveloppe toute la scène et au-delà tout le fort. Les mélodies magnifiques de Nootropics se succèdent et l’emblématique titre Brains, dont je redoutais un peu le passage au live, rend vraiment bien. Un  beau concert, peut-être un peu plus adapté à une salle qu’au plein air, mais un grand moment de plaisir pour moi.

Les 70 minutes qui vont suivre font partie des plus longues (ou presque) de mon histoire musicale, et ce que je vais écrire ici va sans doute en choquer quelques uns mais je me suis rarement autant ennuyée à un concert que ce soir, en regardant le live de The XX. Il n’y a rien à redire : joli jeu de lumières, voix parfaite, ça joue correctement (en même temps, on est quasi surpris d’entendre le guitariste enchainer plus de trois accords à un moment), bref, The XX fait le boulot. Seulement, voilà, ça ne me suffit pas moi. Alors que le public est ravi, applaudit, chante et qu’il y a foule devant la scène, je finis par renoncer au bout de trois titres et me réfugie dans les bras d’Arte Live Web au bar.

Mark Lanegan@ Route du Rock 2012-alter1fo

Mark Lanegan (photo Alter1fo)

Du coup, et sans doute fatale erreur de la soirée, mais il en faut bien une de temps à autre, je louperai Willis Earl Beal sur la petite scène alors que les festivaliers en reviennent bouleversés. Donc, si vous voulez voir sa performance, la rediffusion est à voir ici ou alors bientot en Concert à Emporter sur la Blogothèque. S’il y en a un que je ne raterai pas en revanche, c’est Mark Lanegan. Autant son passage à la route du rock hiver il y a deux ans m’avait franchement ennuyée (malgré sa somptueuse voix rocailleuse) autant ce soir, la vague de plaisir est immense. Yeux clos, au milieu de la foule, j’ai savouré jusqu’à la dernière note de ce blues viril qui tend parfois vers le stoner. C’est d’une beauté admirable.

Enfin, nos petits amis de Breton finissent la soirée pour danser au son des tubes : Edward the Confessor déchaine les foules et la liesse emplit le fort. Mais nous reparlerons de Breton bientôt avec une petite surprise. En tout cas, une excellente deuxième soirée de Route du Rock qui en plus a vu le fort se remplir alors que la fréquentation hier laissait un peu à désirer. C’est donc avec hâte que j’attends la dernière soirée et the Walkmen.

Retrouvez très bientôt les vidéos de Lower Dens, Veronica Falls et Breton sur le site RDR 2012 d’Arte Live Web. Et pour plus de photos, rendez-vous sur l’excellent Flickr d’Alter1fo.

2 Commentaires sur “Route du rock 2012, compte rendu de samedi”

  • cosmocat

    Au risque de paraitre monolithique, je me suis fais chier à tous les concerts de ce samedi. Rien à garder et surtout pas willy earl beal (dans le même style, louie austen avait au moins un côté kitsch sympa). Bref, une édition à oublier….

    Cela dit, je reviens tous les ans et je reviendrai.

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