Route du rock 2012, compte rendu de vendredi

Le 11 août 2012 par Disso

Nous partîmes 500 et par un prompt renfort, nous nous vîmes plusieurs milliers en arrivant au fort. Bon exactement, on est parties à deux, Lisenn et moi, dans la Twingo-de-Disso, celle qui a failli périr embourbée l’été dernier. Cette année, point d’embourbage possible, il fait chaud, voire très chaud. Ok, un sudiste te dirait que ça caille, mais il doit au moins faire 27/28 ce qui pour un Breton est caniculaire.

the Soft Moon (photo C. Canus)

Donc, on arrive tôt, le champ à voiture est sec, l’air est sec (et chaud) et le jeune bassiste avec lequel nous avons rendez-vous est sec (et sex sans doute aussi, diraient ces demoiselles). Récupération de pass, direction le stand des labels où nous devisons allègrement entre We are uniques Records (coucou Mickael), Ideal Crash (coucou Simon), Monopsone (coucou Ju et Fano) et Boutiques Sonores, coucou Thomas. On se réserve Clapping et Pan European pour aujourd’hui.

Yeti Lane (Photo Alter1fo)

Les choses commencent à la cool, à la scène de la Tour, avec Yeti Lane, duo masculin qui connait depuis un ou deux ans un joli petit succès. Les morceaux sont jolis, un peu éthérés à mon goût et la sonorisation nous offre quelques beaux petits larsens de temps à autre. Ce sera d’ailleurs le problème de cette scène de la Tour (qui n’existe que depuis 2 ans) et dont le son semble souvent un peu écrasé. Mais la scène en elle-même a été améliorée, ce me semble, un peu agrandie sans doute.

Ce sont ensuite les chouchous du moment Alt-J qui ont la tâche ardue d’ouvrir le bal sur la grande scène, successions d’harmonies vocales parfaites, de douceur, les Anglais font un joli concert, enchaînant les Breezeblocks et autre Tesselate ou Mathilda, pour la plus grande joie du public dans lequel visiblement, ils comptent déjà des fans (très jeunes). Triangles dessinés sur la joue, applaudissements nourris, c’est un succès. Pour ma part, je suis convaincue mais je les trouve encore un peu « verts », leur performance scénique mériterait un peu plus d’énergie.

Arrive ensuite le cas Patrick Watson. Bon, je n’aime pas la folk, il faut le dire, ça n’aide sans doute pas. Mais cette succession de musiques Bonanza me hérisse le poil. En revanche, les fans du genre semblent avoir aimé. Donc, je passe mon tour sur Watson.

Dominique A (Photo Alter1fo)

Arrive le cas Dominique A, j’ai toujours un peu de mal avec les albums du monsieur et c’est donc à reculons que je vais vers lui. Et pourtant comme il y a deux ans, en deux chansons, le bonhomme me retourne comme une crêpe. Ici, c’est une formation complète, avec le toujours excellent Thomas Poli à la guitare, mais aussi avec des musiciens classiques, qui joue l’album « Vers Les Lueurs ». Et mon Dieu, Dominique A possède un charisme extraordinaire en scène, son cou puissant surmonte un torse que nous qualifierons de bien baraqué alors que ses mains semblent animer un invisible ballet en scène. Et moi, vous me connaissez, j’ai pas de coeur. Bon, ben, sur le titre « Le Convoi », j’ai failli pleurer. Si.

J’attendais tellement de Spiritualized que du coup j’en ai été un peu déçue. Un très réussi Hey Jane pour commencer le set, puis un gros gros passage à vide. Le groupe nous ramène une bonne dizaine d’années en arrière, et rien ne semble avoir changé, et cet immobilisme m’a gênée. La fin du concert semblera renouer avec une énergie plus vivante. Mais l’ensemble m’a un peu déçue.

La révélation (du moins scénique) pour moi de la soirée, ce furent les Américains de The Soft Moon. Le concert commence par un vrombissement sourd d’une rythmique noise/cold wave. Les enfants de My Bloody Valentine et Joy Division s’installent en scène sur un son lourd et vrombissant qui laisse dans un état de frustration pré-orgasmique constant. On a envie que ça décolle, en même temps, on a envie que ça continue éternellement. Le chanteur fausse parfois légèrement, les ruptures entre les titres sont un peu dommageables mais pendant tout le concert, le public accompagne physiquement la musique, le corps tendu vers l’avant, en mouvement perpétuel. Ce n’est pas vraiment une musique pour danser, on entend à peine le chanteur, Luis Vasquez. Mais si on veut bien abandonner deux minutes les conceptions toutes faites que l’on peut avoir sur ce que doit être ou non la bonne musique, il faut reconnaitre que ce que l’on a vu là ne ressemble à rien d’autre. Et c’est bien.

(oui, j’ai fait l’impasse sur Civil Civic et Squarepusher, parce que franchement, je ne sais pas trop quoi en dire)

Retrouvez très bientôt les vidéos de Spiritualized, Patrick Watson et Alt-J sur le site RDR 2012 d’Arte Live Web. Et pour plus de photos, rendez-vous sur l’excellent Flickr d’Alter1fo.

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