Sept ans de réflexion

Le 8 août 2012 par Erwan

Après un an ou deux, on aime bien avoir des nouvelles, savoir si un groupe ou un artiste s’est remis au travail. Passés trois ou quatre ans, on s’inquiète, on s’impatiente. Cinq, six, sept ans, là on s’est résigné ou on a oublié l’existence du groupe, tellement de choses se sont passées depuis qu’on s’est découvert de nouvelles obsessions. Et pourtant, parfois ils reviennent quand on ne les attendait plus : HAL, Fiona Apple et Spain ont tous sorti un album cette année.

Les irlandais de HAL, voilà le parfait exemple du groupe dont on pensait devoir se contenter d’un premier album parfait sorti en 2005. Dans la lignée de leurs compatriotes The Thrills, HAL prenaient la direction de la côte ouest des USA, la machine à remonter le temps réglée sur les années 60 pour les harmonies vocales dignes des Beach Boys époque Pet Sounds. Sans crier gare, ils font un retour surprise avec The Time The Hour. La formule est inchangée et toujours aussi efficace, on pense encore à la bande à Brian Wilson et un peu aux Bee Gees pour le côté plus musclé de certains titres et les voix qui montent encore plus dans les aigus. Les morceaux ne sont pas aussi tubesques que les What a lovely dance ou Play the hits de 2005, mais vous aurez tout de même du mal à rester de marbre à l’écoute de Down in the valley ou Why do you come here.

Fiona Apple, elle, nous avait habitué à devoir patienter puisqu’il s’était déjà écoulé six ans entre son deuxième et troisième disque (dont deux ans de rétention par un label mécontent du résultat). Sept ans après Extraordinary machine, la belle américaine revient avec un nouvel album au titre à rallonge, The Idler Wheel Is Wiser Than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More Than Ropes Will Ever Do (toutefois nettement moins long que son deuxième When the pawn hits the conflicts he thinks like a king What he knows throws the blows when he goes to the fight And he’ll win the whole thing ‘fore he enters the ring There’s no body to batter when your mind is your might So when you go solo, you hold your own hand And remember that depth is the greatest of heights And if you know where you stand, then you know where to land And if you fall it won’t matter, cuz you’ll know that you’re right)(et Dieu créa le copier/coller). On retrouve avec plaisir après une si longue absence son style inimitable, ces chansons aux sentiments exposés sans pudeur, construites autour du piano et d’une voix superbe qu’elle n’hésite pas à pousser dans ses retranchements. Et si vous vous demandiez si avec le temps Fiona Apple avait perdu un peu de son grain de folie, le clip ci-dessus devrait apporter un début de réponse.

Pour Spain on fera une exception à la règle des sept ans, puisque leur quatrième album The soul of Spain sort onze ans après I believe (l’attente ne fut pas trop longue pour moi puisque je découvre le groupe avec ce nouvel album). En hiatus suite à ce troisième album, le groupe de Josh Haden se reforme avec un nouveau line-up en 2007 pour des concerts où ils jouent leur premier album, le superbe The Blue Moods of Spain. Ils enregistrent ensuite de nouveaux morceaux qui finiront sur ce nouvel album. Comme pour les deux exemples plus haut, la formule reste la même malgré le temps qui passe, celle d’un slowcore à la lenteur envoûtante. Quand le groupe hausse le ton et s’essaye au rock sur deux titres, c’est moins réussi (Miracle Man surtout, seule déception du disque) mais c’est juste un petit bémol à un excellent disque.

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