The Foves – ou le rock d’hier d’aujourd’hui

Le 16 juillet 2012 par Thomas

Fan de musique west-coast des sixties? Inconditionnel du Creedence et des Animals ? Alors direction les plages brestoises !

 

Je déconne.

 

Disons plutôt le bar d’une plage brestoise.

 

Bon.

 

…un bar à Brest.

Car oui, c’est bien à Brest que résonne le rock d’hier d’aujourd’hui. De l’orgue à tirettes, des guitares hors d’âge, un saxophone, un tambourin et même une moustache. Vous l’aurez compris, on y est, en plein dedans. The Foves, ils s’appellent. Et si ces garçons ne sont pas des foudres d’orthographe, le rock’n’roll, ils en connaissent un rayon.

Alors par contre, on n’est pas dans la haute couture, ça tombe pas toujours nickel, c’est pas pile-poil, ça déborde un peu… Bref, c’est pas retouché. C’est livré en l’état, démerdez-vous. Et on se dit que ouais, voilà exactement ce qu’on voudrait voir en concert pas plus tard que tout de suite, sur invite, si possible, c’est plus classe. On arriverait même un peu plus tôt, histoire de mater l’organiste sortir son meuble de sa bagnole.

« Tu pourrais m’aider, ‘tain, au lieu de te marrer ! »

« Désolé, j’peux pas, je tiens ma bière. »

Et ça tombe bien. Parce qu’il se trouve que justement, les Foves jouent ce soir, et que par un concours de circonstances dont je tairai ici la teneur, je suis moi aussi convié à cette petite sauterie champêtre, à deux pas motorisés de ma belle cité en travaux.

J’arrive trop tôt. L’endroit est désert. Ou peu s’en faut. Le barbecue commence tout juste à fumer, derrière le bar. Je prends mon mal en patience et je commande une bière dans un gobelet recyclable rose.

Sur scène, on finit de brancher les câbles (mal – on s’en rendra compte plus tard). Les premiers rockeurs débarquent bientôt, avec poussettes et turbans dans les cheveux.

« Merde… une communauté hippie. » Je n’avais pourtant vu aucun drapeau de prière sur la route.

Une fanfare (une fanfare…) se rassemble comme par magie, et fait péter du classique revisité façon festive. Je commence à subir une soirée qui s’annonce sous de vilains auspices. Vite, le ticket boisson en boule au fond de ma poche.

Les pires choses ont elles aussi une fin, pourrait-on légitimement penser.

Et bien pas du tout. Après la fanfare, c’est un folkeux-romantique-activiste-expérimental, suivi d’un groupe d’americana approximative qui me collent le bourdon, en plus d’un vilain mal de tête, à deux doigts de sangloter dans la brise glaciale et épaisse de juillet. Quand on n’est pas capable de boucler correctement sa chanson parce que l’on n’a pas pensé à changer son matériel défectueux avant de le coller dans le coffre de sa bagnole, on ne la ramène pas en annonçant pouvoir enregistrer un eupé pour la rentrée. C’est du moins ce que je pense. Exit les nullosses.

Réfugiés au bar, dans la fumée de saucisse, mes hippies semblent imperméables à l’adversité. Ce sont peut-être eux qui ont raison, finalement.

00h20. On se les gèle sérieux. Ça y est.

Mais vu les amplis que l’on est train de monter sur scène et les guitares qui s’y trouvent déjà, on peut espérer un rapide revirement de situation. Les Foves tournent dans leur cage. « Qu’on les lâche et qu’on en finisse ! »

Là encore, aucune balance. Soirée conceptuelle. On branche et on joue, en serrant les miches que tout se passe bien.

Les garçons présentent bien. On fait dans le revailleveule. Jeans serrés à l’entrejambe, bandana à la ceinture, moustache, et cette nonchalance affectée du musicien installant son matériel. Pas born on the bayou mais pas loin. Les amplis ronronnent, le vent gronde, ça va péter. Ceux qui se sont approchés le sentent. Les autres boivent et s’en foutent.

BAM ! BAM ! Un morceau, un deuxième. On n’est pas déçu. Ces mecs ont raté leur époque. Ou pas. Ça tabasse tout en maîtrise. On égraine les thèmes de circonstance, on break, on débreak, on s’égosille dans les règles de l’art… on fait plaisir au public, qui ne s’y trompe pas et commence à affluer.

« Yaye, ça swingue ici. » Des connaisseurs.

Quatre, cinq, six chansons… ils sont increvables. Pied au plancher. Les câbles mal branchés (voir plus haut) crrrrrrrrrrrrrraquent à tout va, mais on enquille.

L’heure tourne, le thermomètre se paie une chute libre sans parachute. J’ai épuisé mes réserves de gras. Je me débine avant la fin du concert.

En attendant la prochaine affiche, on pourra toujours se chauffer les oreilles avec un EP, Get a Ride With… Ne serait-ce que pour la pochette, il vous le faut.

 

http://thefoves.bandcamp.com/

Un commentaire sur “The Foves – ou le rock d’hier d’aujourd’hui”

  • MacLusky

    Sur scène ils jouent avec un Nord Lead alors pour l’orgue à tirettes impossible à sortir de la cave ou du coffre il faudra repasser…

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