20 ans déjà, les Eurockéennes et Morrissey surtout

Le 3 juillet 2012 par Virginielasnob

Je viens de me prendre une baffe énorme en constatant que cela fait 20 ans. 20 ans que dans l’insouciance de ma jeunesse, je suis partie (avec une amie fan aussi évidemment) aux Eurockéennes de Belfort pour voir pour la première fois de ma vie Morrissey. On n’est vraiment pas sérieuse quand on a 18 ans.
Nourrie aux albums des Smiths depuis le début des années de lycée, en admiration totale depuis Bona Drag, j’étais prête à me trainer jusque tout là-bas dans l’est pour voir MOZ. Oui, je dois reconnaître qu’en plus des qualités de ses chansons le garçon était évidemment très à mon goût, ben oui, à 30 ans, il était quand même sacrément beau gosse le bougre. Hum. Bref, j’étais jeune et très très fan.
Par la même occasion, c’était aussi mon premier festival et je n’ai que peu profité des groupes qui passaient sur les autres scènes parce qu’évidemment, je voulais être devant. Quitte à braver les intempéries. Le climat continental des Eurockéennes, c’est chaud la journée et froid de canard la nuit, charmant. Heureusement, le terrain était humide mais il s’est arrêté de pleuvoir le midi avant que nous nous postions collées à la barrière devant la grande scène.
La mémoire ayant fait certainement un peu de tri, je ne me souviens avoir vu que deux groupes avant LE concert tant attendu, mais finalement, l’affiche était assez bonne pour moi. Tout d’abord un groupe dont les moins de 35 ans n’ont certainement jamais entendu parler, les Ned’s Atomic Dustbin. J’avoue qu’il me reste de cette époque certains de leurs très criards T-shirts, car j’étais assez réceptive à leur énergie. Bernard Lenoir lui était assez féru, évidemment de leur hymne, « Kill your television ».

Ce groupe avait une particularité, la présence d’un deuxième bassiste. C’est au moment de faire la balance en debut d’après-midi, que la présence de cette basse s’est imposée à nos tympans apeurés. Mais comment allions-nous survivre au 1er rang ? Finalement, nous avons supporté toutes ces basses et je me souviens d’un concert fun et agité, comme cette musique au son maintenant un peu datée.
La suite était un peu moins anecdotique car même si je ne me souviens pas de ce qu’ils ont joué, je suis contente d’avoir pu voir Moe Tucker & Sterling Morrisson, soit 2 membres du Velvet Underground. Ah oui, ça cause un peu comme programmation, mais je crois que les fans de Morrissey étaient surtout très impatients et assez peu concernés.
Il faisait à peine nuit quand l’organisation a commencé à distribuer de pleines brassées de glaïeuls histoire de faire patienter et bouillir d’excitation cette jeune foule de clones et de fans. Les regards étaient braqués vers les quelques endroits de la scène au travers desquels on pouvait voir circuler du monde dans les coulisses. Évidemment, Stephen Patrick a fait son apparition devant une foule chauffée à blanc avec pas mal de retard. J’étais devant à gauche (comme toujours depuis aux concerts, bizarre) et les artistes entraient du fond de la scène côté droit. Je pense que vous pouvez imaginer mon état quand il a traversé toute la scène et qu’il est venu tranquillement s’allonger sur le devant gauche de la scène jonchée de fleurs, autant dire, juste devant moi. J’ai frôlé la crise cardiaque et il est fort possible que j’ai laissé échapper un cri digne des heures les plus sombres des reportages du Petit Journal sur les fans de Robert Pattinson.
Passé ce grand moment de béatitude, je dois reconnaître que je ne me souviens pas de grand chose ; Morrissey a forcément chanté Everyday is like Sunday, une des plus belles chansons de l’univers.

Je me souviens aussi qu’il avait un fil à son micro qui s’accrochait tout le temps aux projecteurs et que cela l’agaçait fortement. C’est à peu près tout. Tout ? Oui, sauf que cela avait suffit à me marquer assez et que j’ai depuis couru ses concerts dès que j’en ai eu la possibilité. Cette année là, je l’ai revu au Zénith puis dès que l’occasion s’est présentée. Je suis allé à Londres pour le voir, le hasard l’a placé sur mon chemin lors d’un voyage à Chicago. Le début d’une longue histoire d’amour. Même si avoir connu des moments aussi forts m’a forcément conditionnée à la déception des derniers concerts.

Epilogue : comme oui, on n’est vraiment pas sérieux à 18 ans, nous avions un peu omis la partie qui consistait à dormir. Pas de tente pour camper, seulement un billet retour pour Paris. Pas malin. Nous avons donc erré dans les rues de Belfort (c’est pas Las Vegas hein, même pendant les Eurockéennes) et un peu dans la joyeuse gare et son ambiance foire au punk à chien. Pas super super safe, l’inconscience de la jeunesse, je vous dis. Au petit matin, avant de monter dans le train, un type assis par terre jouait de la guitare entouré d’une dizaine de curieux. C’était Ben Harper, tout simplement.

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