Richard, tu m’épates toujours autant

Le 8 juin 2012 par Virginielasnob

Ce doit être le type le moins hype qu’on puisse imaginer. La quarantaine, un look tout droit sorti des 50’s, il a mis un temps infini à avoir une vraie carrière à lui (les Longpigs n’ont quand même pas marqué l’histoire). Pourtant, je dois à Richard Hawley quelques uns des concerts les plus éblouissants de ma vie : pas besoin de 50 musiciens, de light show délirant ou de décibels impressionnantes ; il lui suffit de sublimes guitares et d’une voix profonde. Ah oui, accessoirement de chansons bouleversantes.

Il faut dire qu’en plus d’un coup de foudre dès la première écoute de « Something is » en 2001 chez Lenoir, j’ai un souvenir de petite veinarde avec Richard : il y a déjà 10 ans, en bonne snob, je m’étais rendue à Londres pour quelques jours, dans le but premier de voir Jude Law jouer Faust (allez-y, sortez les tomates mais c’était sacrément bien). Le hasard merveilleux a voulu que quelques jours avant mon départ, je reçoive un mail du site de Richard m’annonçant un concert dans un tout petit club du nord de Londres pour lequel il donnait des invitations. Pour une fois chanceuse, je me suis retrouvée parmi les heureux élus. Je me suis alors aventurée dans Stoke Newington à la recherche d’un restaurant thaïlandais; oui, le club en question était la cave d’un resto thaï. Autant vous dire que j’etais en train de me délecter d’un curry coco et d’un verre de Gewurztraminer quand j’ai vu débarquer Richard et sa clique. La suite se passait dans la minuscule cave où j’ai fait partie des 30 personnes présentes dont Nick, Candida et Steve ses potos de Pulp. Nous avons tous été placés autour de petites tables rondes et le concert à commencé, juste Richard et sa guitare. Ceux qui l’ont déjà vu savent qu’il n’est pas le dernier pour la blagounette, mais là, dans une atmosphère intime et chaleureuse, on était à un rythme de croisière où alternaient 3 mn de chanson et 6 mn de poilade. Sachant que tout le monde avait passablement picolé, l’accent parfois épais de Sheffield ne me faisait plus peur du tout et ce fut tout simplement une soirée merveilleuse.

Pour en revenir à nos moutons, l’anglais le plus classe du monde jouait jeudi soir au Théâtre des Bouffes du Nord, ce qui m’a permis de découvrir cet étrange théâtre assez splendeur et décadence, mais plutôt décadence quand même. Un endroit décati, un concert assis, loin de l’artiste car la scène est à même le sol. Finalement, quand on y repense, c’était parfaitement raccord une fois qu’on a vu arriver Richard en chaise roulante, le pauvre s’étant cassé la jambe gauche à Barcelone suite à une chute sur un marbre fourbe (pas facile à prononcer ça, dites). Oui, même pas à cause d’une soirée trop arrosée, un comble pour un rocker anglais.

Comme toujours, l’homme est chaleureux, le son de son impressionnante collection de guitares est impeccable. Je n’ai pas beaucoup écouté le dernier album étant un peu décontenancée par le gros son inhabituel, mais je dois reconnaître que ces morceaux ont presque aussi belle allure que les anciens en live. Bien sûr, on fond de bonheur en entendant les sublimes Hotel Room, Soldier On, Tonight the streets are ours, Lady Solitude ou Open up your Door. Le rappel est un peu court mais de toute façon, on sait qu’on ne peut plus rien écouter immédiatement après The Ocean.

On peut juste courir acheter une place pour le concert déjà annoncé d’octobre à la Cigale. On sait que ce sera bien.

Hop, une petite playlist des bonnes vieilleries jouées aux Bouffes.

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