Le coffre de Rover > les coffres de Rovers

Le 2 juin 2012 par Sophie V.

Ma parole, que tous les prétendants au titre de Voice, Nouvelle Star et autres chanteurs imposteurs s’enfouissent la tête, cheveux compris, dans une tourbe bien dégueu. Parce que maintenant en France, il y a 1) Rover 2) les autres gens qui chantent.

Rover (Timothée Régnier), c’est un Comte de Monte Cristo lui aussi pourvu d’un coffre fort, mais pas le même. La voix virtuose de Rover investit chaque octave de sa tessiture avec l’aisance de Sergueï Bubka franchissant les 6 mètres, envahit les aigus comme on prend la Bastille et s’adonne au grave comme à une drogue plus sensuelle tu meurs.

Le Poste à Galène à Marseille, d’une jauge de 300 personnes, était aux trois quarts plein (Marseille franchement tu crains), mais la voix de Rover est si puissante qu’elle a besoin d’espace : une salle comble l’aurait étouffée. Il nous semblait parfois que les 4 murs du Poste ne suffisaient pas à contenir cette monumentale lame de fond vocale qui aurait couché un stade entier comme les blés.

Rover semble avoir moulu dans un milkshake des bouts de voix de Bowie, quelques notes de Beatles, des éclats d’Interpol, un zeste de mélodie gainsbourienne, un iota de disco, quelques riffs de Sweet Home Alabama, des bribes de Polnareff (et j’en passe certainement), pour engendrer un objet unique et pur non encore identifié. En live, le groupe a épuré les harmonies, élimé le côté orchestral de l’album : en sort un son brut, plus rugueux, qui parfois fait CRRRRRR au point que ta colonne vertébrale devient la Tour de Pise (je vous laisse apprécier la portée mignonne de cette image).

Cerise sur un gâteau déjà bien fourni, le Poste à Galène a eu droit à un VRAI rappel. Vous savez, celui qui n’est pas prévu, celui qui vient après le rappel-calibré-pour-que-le-concert-dure-une-heure-douze-minutes, et qui s’obtient à force de beuglements, sifflements, protestations et autres vagissements (alleeeez, allez allez alleeeez, encooooore, noooon, revieeens), après que la lumière est rallumée et la petite musique d’ascenseur a repris sa marche funeste. Le public n’en démordait pas, Timothée est revenu pour une version acoustique de Aqualast.

Cerise sur la cerise mûre à point, Rover a l’humour pince-sans-rire, un charisme à faire pleurer Bernard Tapie et une envergure scénique inversement proportionnelle à Mirelle Mathieu.

Le Figaro Live, plusieurs extraits acoustique et un interview
Une version de Tonight telle qu’on l’a vue, qui flirte avec le disco et même lui roule une pelle

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