Marche mal* – Guitare, pédales et effets, la suite.

Le 31 mai 2012 par Stf

Rappelez-vous, il y a déjà quelques semaines, je vous laissais en plan avec entre les mains une guitare toute plate et une vieille radio et paf : une guitare électrique !
On était alors au début des années 50 et encore loin (d’un point de vue sonore) du collégien qui fait cracher une reprise approximative (mais trèèèèèèès pénible) de Smells like teen spirit à son ampli 10 watts branché au bout de la rallonge électrique de la tondeuse à gazon de popa un 21 juin.

La porte était néanmoins ouverte pour les formations Rythm’n Blues puis Rock’n Roll guitare-basse-batterie (et autres, mais à fort volume puisque c’est maintenant possible), et pour faire danser les jeune et grogner les vieux.

Le Johnny Burnette Trio sévissait alors au sein de ces très proprets groupes Rockabilly qui faisaient si bien danser les filles et les garçons. Jeannot petite burne (NDT), voisin d’Elvis Presley  lui piquait d’ailleurs pas mal de plans capillaires ou pelviens mais la légende (une légende ?) veut que son guitariste Paul Burlison en bousculant malencontreusement son ampli aurait pour la première fois découvert (et utilisé en enregistrement) la DISTORSION !

(The train kept a rollin’ – 1956)

Ainsi donc, un ampli partiellement endommagé devait devenir une source d’inspiration pour tous les guitaristes à venir utilisant l’amplification comme une partie intégrante de leur(s) sonorité(s).
Certains reprendront le concept dans la foulée et iront jusqu’à en faire une véritable signature sonore :

Pour autant, il n’est pas très aisé de trafiquer des amplis ou de les endommager volontairement pour obtenir cette fameuse distorsion. Là, désolé, pas de name dropping tant les électroniciens bidouilleurs de l’époque ont du être nombreux à bricoler dans leur coin l’accessoire ultime du guitariste électrique : la pédale d’effet !

Imaginez un boitier branché entre votre guitare et votre ampli, doté d’un interrupteur utilisable avec le pied et de quelques boutons rotatifs pour agir sur le circuit électronique qu’il contient et qui modifie le signal transmis par la guitare vers l’ampli.
L’objet est déclinable à l’infini (en terme de modifications sur le fameux signal) mais pour l’heure, restons-en à la distorsion, à sa petite soeur l’overdrive et sa voisine un peu trainée sur les bords : le fuzz.

L’idée est donc, en utilisant des composants électroniques disponibles communément, de recréer ce son d’ampli défectueux… Le signal est distordu, plus ou moins compressé (on entend moins les attaques des notes, celles-ci durent plus longtemps) un grésillement plus ou moins agressif accompagne la note : c’est la distorsion (je résume encore une fois très grossièrement, n’y connaissant que pouic en électronique et tant pis pour le qu’en dira-t’on).

L’overdrive est plus discret et vise à recréer les sonorités obtenues avec un ampli à lampes poussé à très fort volume et cette tendance à écréter les notes, les faire légèrement et musicalement saturer… Entre un overdrive poussé à fond et une distorsion raisonnable, vous l’aurez compris, la nuance peut être subtile.

Le fuzz, par contre, ne fait pas dans la discrétion : c’est un peu la distorsion poussée à son paroxysme. Imaginez que l’ampli est très défectueux, à deux doigts du court-circuit fatal et que les membranes des hauts-parleurs sont en lambeaux : vous y êtes ! Les notes s’allongent à l’infini ou presque (le sustain), le timbre propre de l’instrument est quasi intégralement remplacé par la saturation aigrelette.

Faisons un petit bond en avant dans le temps pour en avoir une parfaite illustration :

Pour autant, cher Jimi, j’aurais aimé t’avertir qu’avec tes pitreries, tu risquais d’ouvrir comme une boite de Pandore …

 

*Vilain jeu de mot « Marshall » (la très célèbre marque d’ampli) / « Marche mal » … comme quoi, à défaut d’avoir toujours l’oreille musicale ou l’obsession de la rime riche, le musicien électrifié n’en est pas moins facétieux.

3 Commentaires sur “Marche mal* – Guitare, pédales et effets, la suite.”

  • Piedo

    Mais alors :
    – EHX Big Muff ?
    – Ibanez ou Maxton Tube Screamer ?
    – Les fuzz rigolotes faites à la main par des geeks ?
    – une sale Boss OD ?

    Tant de questions, si peu de réponses…

    • Stf

      Doucement doucement … commençons par les bases, on verra ensuite si je suis inspiré par des modèles particuliers …
      Ceci étant dit, tu devrais savoir que bien souvent, les Tube Screamers étaient fabriquées par Maxon même quand elles étaient badgées Ibanez …
      Pour la Big Muff, c’est plutôt LES Big Muffs .. Bref, y’a moyen d’écrire des pages et des pages …

  • Article intéressant et très bons morceaux :)
    Je ne suis pas du tout branché technique et je ne savais pas tout ça, même si j’aime énormément link wray et le johnny burnette trio.

    Dans le style de burlinson je conseille mick green des pirates 😉

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