Sueur, punk et décibels : Frustration et The Oscillation à La Maroquinerie

Le 14 avril 2012 par Disso

Lassées de l’absence de concerts rock à Rennes, telle Bécassine (mais fois deux), Lisenn et moi sommes montées à la capitale, Kouign Amann et Traou Mad sous le bras bien déterminées à trouver en la capitale, un lieu de décibels, de sueur, de mâles, d’alcool et de perdition. Bref : une soirée Gonzaï. Vous vous souvenez peut-être qu’en février, j’étais montée sur les hauteurs de Ménilmontant voir Christophe à la Maroquinerie. Même lieu, même organisateur (coucou Bester) mais musique radicalement différente pour cette soirée du vendredi 13 avril.

Frustration à la Maroquinerie. Soirée Gonzai

Passons au vif du sujet : le pogo. Vous me direz, comment en suis-je arrivée au pogo? Alors, c’est simple. Ca commence dans les tréfonds de la salle de la Maroquinerie avec Wall of Death. Trio de musiciens plutôt doués, chanteur à la belle voix sépulcrale un peu à la Bela Lugosi’s Dead, barbe longue, cheveux longs, tatouages ; bienvenue au royaume du rock viril. Le trio offre un concert honorable voire mention bien, très bon début de set, petit coup de mou et interférences techniques au milieu puis fin en apothéose.  Le groupe est constitué de bons musiciens (j’adore le jeune batteur). Le son est clairement psyché, le public plutôt réceptif. Affaire à suivre avec un album qui sort bientôt.

Pause, papotage, bière, air pur embaumant la cigarette puis retour dans les entrailles de la Maroquinerie dans la moiteur, les odeurs de cuir, la sueur et la déliquescence des chairs. The Oscillation entre en scène, charisme de moule voire de poulpe mort, quoique la batteuse possède un petit quelque chose à part, Lisenn me priant de signaler que la batteuse est « musclée des bras mais délicatement contrairement à ses homologues masculins ». Bon, là, soyons clairs, ou vous aimez le rock psyché, ou pas. Si vous aimez, ça va, en deux morceaux vous êtes dans le truc et vous commencez à dodeliner de la tête avec un air béat et concentré à la fois. Si vous n’aimez pas ou que vous ne réussissez pas à rentrer dans le truc, vous décrochez des autoroutes de l’espace, redescendez parmi le commun des mortels et vous allez au bar boire une bière. Pour notre part, l’une est restée, l’autre pas. En revanche, il est à noter, que même sur des musiques molles et psychédéliques, le public parisien trouve le moyen de pogoter gentiment mais sûrement.

The Oscillation à la Maroquinerie - Soirée Gonzai

Ce petit pogo de fin de The Oscillation n’est rien par rapport à l’heure qui va suivre. En effet, Frustration entre en scène, chanteur  à dégaine de marlou, guitariste en chemise cravate et clavier à l’air imperturbable. Visiblement le groupe draine à sa suite une cohorte de jeunes fans, adeptes de ce drôle de mélange punk-cold wave, un peu comme le principe de l’omelette norvégienne, c’est brûlant dessus glacé dedans, ou l’inverse, on ne sait pas trop. Ce qui est sûr, c’est que de la première à la dernière chanson du set, un gigantesque pogo va agiter la fosse de la Maroquinerie. Là, une petite explication s’impose. En effet, autant de pogoteurs autant de pogo.

– le boxeur : il entre au milieu du pit à petits pas chassés moulinant des bras comme un furieux vers l’avant, créant ainsi autour de lui, un espace vital important au milieu duquel il trône seul en majesté. (coucou Romain)

– la minette : elle fait 1.55 m les bras levés, elle a l’air toute choupinette, cheveux longs, petite jupe délicate, elle se dandine gentiment et d’un coup, elle se déchaine, chevelure tournoyant furieusement dans les airs, projetée vers la scène aux pieds du chanteur.

– la brute : il est là pour cogner, à la limite s’il peut chercher l’embrouille, c’est pas plus mal, il file des grands coups de coude, de pied, de tête et pour le reste, on veut rien savoir.

– l’hypocrite : il reste au bord de l’action se lançant parfois très timidement dans la bagarre mais s’arrange surtout pour pousser les autres en douce au milieu du pogo. Bref, il n’assume pas.

– le rêveur : il tournoie sur lui-même, les yeux fermés , prend son pied et éprouve autant de plaisir à prendre des coups qu’à en donner, tel le roseau dans la tempête, il courbe l’échine mais ne rompt pas.

– le duo : ils s’étreignent tous les deux afin de mieux s’unir face à l’adversité, et tel le frêle esquif balloté par les flots, version musicale du maul de rugby, ils s’élancent à l’assaut de la vague humaine.

– l’équilibriste : il réussit à garder son verre de bière plein au milieu d’une foule déchaînée sans en renverser une seule goutte.

– le Saint Bernard : sa mission, venir en aide aux autres avant qu’ils ne meurent au milieu de cette drôle d’avalanche humaine. Il récupère ceux qui tombent, ramassent les pulls au sol, aide à maintenir les slammeurs en l’air. Bref, il a été crée pour sauver l’humanité pogoteuse.

– les contemplatives : ça, c’est nous. Est-il besoin d’en dire plus?

Au-delà de notre fascination pour ce public enthousiaste et bondissant, il faut quand même dire que Frustration nous a offert la meilleure performance live vue depuis fort longtemps. Entre excitation électrique, force brute, rythmique puissante, décibels jouissifs, Frustration assène des titres imparables scandés par la foule. Le pied au plancher, sans jamais rien lâcher, le groupe retourne littéralement la Maroquinerie dans une énergie dévastatrice et communicative. Un pur moment de bonheur, partagé par tous : s’il vous plait, Gonzai : ENCORE!

 

Soirée Gonzai à la Maroquinerie

LeeZen et Disso

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