J’ai arrêté les Inrocks, mais ça va, merci

Le 13 avril 2012 par Virginielasnob

Récemment, le site des Inrocks a fait peau neuve, il en a profité pour lancer une rubrique mode. Après avoir haussé les sourcils et fait une moue affligée, j’en profite de mon côté pour revenir sur ce geste que je trouvais assez radical il y a un mois maintenant, mettre fin à mon abonnement, alors que je lisais les Inrocks depuis avril 1991.

Je dis que je le lisais, je le dévorais plutôt comme une crève la faim, c’était ma bible, mon livre de chevet, à vrai dire, ma seule vraie source écrite d’information d’indie rock de fille du fin fond de la Seine et Marne. Forcément, ça fait bizarre.

J’écoutais Bernard Lenoir et je lisais les Inrocks, je révais de concerts parisiens, j’apprenais tout sur les Pixies, je me gavais des papiers de 15 pages sur les Beach Boys, je me languissais entre les numéros parce qu’un bimestriel, c’est une vraie torture quand tu l’as dévoré en 15 jours. Oui, les enfants, je vous parle d’un temps où il fallait prendre le train pour aller chercher un album, attendre le milieu de la nuit pour espérer voir une bonne vidéo sur M6.

Le choix de la couverture, tous ces noms inconnus (qui le restaient souvent longtemps, faute de Google), ces articles pointus, c’était un pied total. J’aimais certaines plumes plus que d’autres, les photos étaient belles, même les publicités étaient supportables. Mais ce journal a grandi avec moi (ou le contraire), il m’a suivie du lycée à ma vie active, de la campagne à Paris. Et puis il a changé. Il est passé de bimestriel à mensuel, alors évidemment, il a fallu élargir un peu les sujets. Un peu plus de littérature et de cinéma, rien pour me déplaire. Et puis le passage à l’hebdo fut un virage un peu ardu pour moi. Des sujets un peu plus larges, on est passé carrément à un peu de tout : société, politique, jeux, théâtre, télé… Je me suis accrochée, après tout, on aimait toujours la même musique (même si elle était un peu poussée dans un coin), le penchant gauchiste n’était pas une surprise, bon, il allait falloir essayer de tenir le rythme pour tout lire mais il n’y avait rien de mieux sur le marché après tout. Même si les articles étaient courts et bien frustrants.

De changement de formules en relooking, j’ai survécu au numéro annuel spécial cul qui finissait très vite à la poubelle, aux couvertures faciles. Mais je le lisais moins, je râlais parce que je devais passer 50 pages avant de trouver le moindre article à mon goût, la pile montait sur ma table de salon, jusqu’au jour où arriva le numéro sur la Génération Y. Le dernier clou du cercueil. En plus d’être un argument pourri pour des séminaires bidons de management prisés des DRH (si je vous jure, des gens paient pour ça), ce cliché venait pourrir MON journal. C’était sans doute aussi un signe. Que ce magazine est pour les plus jeunes que moi, ceux qui ont besoin d’avoir dans le même journal un article sur les manifs en Égypte et de savoir quelle est la nouvelle paire de chaussures de Kanye qu’il faut avoir. Moi, je voulais juste y trouver la chronique de sombres albums de pop suédoise et accessoirement une interview exclusive d’un artiste reclu ou d’un petit nouveau décapant.

Même s’il reste quelques passionnés comme Jean-Daniel Beauvallet, qui reste fidèle à ses coups de cœur qui sont parfois assez farfelus (coucou Morning Parade), le navire a été quelque peu déserté par ceux qui me transmettaient leur enthousiasme à l’époque.

Voilà, je tourne la page, tout simplement, j’écoute encore plus de musique qu’à l’époque et je vais voir plus de concerts qu’il y a 20 ans, je suis assez connectée pour quelqu’un de la génération X. Il est vrai que je vis bien sans finalement…

24 Commentaires sur “J’ai arrêté les Inrocks, mais ça va, merci”

  • zaime pas les zinrocks

    ben et Thomas Burgel ? C’est notre phare dans la nuit, voyons !

  • Reg

    Tu es donc mûre pour aller commenter les articles des Inrocks sur leur site.

  • J’approuve en bloc!
    Je suis passé à Rock and Folk. cool ton papier!

    • Virginielasnob

      Je dois reconnaître que je n’ai jamais vraiment connu R&F que de loin, mais comme je ne suis fan ni de Led Zep ni des Bébés Brunes….

      • Ah merde, moi non plus.
        Tu reproches l’aspect nostalgique du truc?
        C’est vrai que ça peut être parfois en boucle (davantage sur les stones que Led Zepp) mais j’y trouve toujours quelque chose, et pour commencer un état d’esprit, ce que tu caricatures j’imagine.

        Mais j’aime bien DLF, donc, j’ai des goûts de chiottes La Snob!? A +

        (Je suis plus snob que toi, au fait)

  • karlito

    étant abonné aux inrocks et passionné de musique, pour moi, aujourd’hui, les pages musique sont totalement sans intérêt, alors la passion de JD Beauvallet? quelle est son apport dans leur ligne éditoriale? faire de ses gouts personnels des incontournables? ça ressemble parfois à de la propagande (combien de fois wu lyf ont ils été évoqué dans chaque numéro, chaque semaine?). je trouve leur ligne éditoriale aussi superficielle que la page mode, pleine d’autosatisfaction, sans surprise, ça tourne en rond. C’est dommage. Je n’ai rien contre JD Beauvallet, il écrit parfois de bons articles, j’englobe la rédaction musique, qui se complait sur les bases de l’histoire d’un journal qui a pu être intéressant il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est vide. Mais tant pis pour eux, il y a tellement d’autres meilleurs médias pour les passionnés de musique, qu’ils soient webzines, fanzines, et aussi magazines heureusement.
    Les autres pages culturelles sont plus intéressantes (cinéma etc…) et le traitement de l’actu est plutôt bien fait. pour le reste… ça se lit dans le métro…

  • Dogz

    la nouvelles formule m’avait plongée en dépression… mais ça va je m’en suis (a peu près) remise

  • Romain

    Mouais, gauchiste, c’est vite dit. C’est plutôt bien gauche molle limite Bayrou parfois.

  • pierrot

    et puis tant qu’y aura magic (et noise, et voxpop), ça ira.

    • Virginielasnob

      J’ai recommencé à lire Magic, je ne sais plus pourquoi j’avais arrêté d’ailleurs

  • isa

    surtout Noise !

  • bdb

    les inrocks sont morts en 1996, quand ils ont perdu leur âme d’adolescents fans de rock indé….

  • Rock’n Folk a dominé les années 60-70 avec les belles années Beatles, Rolling Stones & cie, Les Inrocks eux ont ravivé la flamme dans les années 80-90 avec un son encore méconnu comme celui de The Jesus and Mary Chain, Technikart les années 00 avec la french touch, Beigbeder… Pour les années 2010, perso je parie sur Vox Pop qui fait un travail de fond hyper intéressant! Intello et adolescent. Moi j’adore, parce que le reste, ça devient ronflant/baignant dans sa hype à 2 balles mine de rien.

  • kinski

    Obskure / NewNoise

  • La presse musicale est morte en France.

  • Tombée sur cet article par hasard. Complètement d’accord, moi aussi j’ai arrêté les Inrocks.

  • Samderouen

    Les inrocks, c’est de la grosse daube en méga barre. Perso, je suis de gauche, j’aime le Jazz tradi, le Jazz rock, le rock prog, la vraie chanson française, de Piaf à Zaz, j’aime Renoir, Michel Simon , Gabin et le Seigneur des Anneaux….tout ce que les inrocks détestent, c’est à dire en somme la culture. Ce sont des ânes. A bon entendeur…

  • passionrocketcine

    Les inrocks est devenu un journal people fait par des journalistes qui ne intéressent plus à la musique ni au cinéma !!!! je ne vous parle même pas de la qualité rédactionnelle des pigistes ………
    balancer des rumeurs, ne pas vérifier l’info c’est pas grave
    C’est terrible de baisser de niveau mais c’est ainsi
    le buzz, le people est leurs nouveaux axes éditoriaux
    tant pis ce sera sans moi !!!!!

Trackbacks & Pings

  • Pierre Siankowski, nouveau directeur de la rédaction des Inrocks | Support au cours de production de l'information en ligne says:

    […] Rappelons-le, dans les Inrockuptibles, il y a rock ! Même si le magazine n’en fait pas sa spécialité, il lui a été récemment reproché le fait de trop orienter la ligne éditoriale vers les nouvelles tendances (plus ou moins éphémères) du rap notamment. Pour la fin d’année 2015, dans la sélection des meilleurs album des journalistes de la rédaction, les noms qui reviennent souvent sont Booba, PNL, Nekfeu ou encore Odezenne. Sans parler de qualité artistique, il faut avoir conscience que de tels choix éditoriaux engendrent la perte d’un lectorat fidèle. Le rock indé se fait petit dans un magazine, qui, au départ accordait une place importante à ce genre. Pour la plupart, les abonnés des premières heures ne sont plus là. […]

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