Une chanson, un souvenir : Bianca et Little China Girl de David Bowie

Le 9 avril 2012 par Disso

Bianca est insomniaque et hyper-active, c’est elle-même qui le dit.  Bianca bosse dans la musique depuis une dizaine d’années, des Inrocks à We Love Art, en passant par les dj sets. Petite jet-setteuse version titi parisienne, elle ne doit pas se laisser faire Bianca même si elle doit parfois pleurer en cachette. Bianca est jolie. Bianca aime la bonne bouffe, elle a même un site dédié à ça, parce que Bianca est un peu complexe aussi ; Bianca connait tout le monde, mais je crois que personne ne connait vraiment Bianca. Et puis, Bianca a de jolis souvenirs d’une vie familiale tumultueuse bercée au son de David Bowie.

 

 

Faire une mixtape, un top 5 ou choisir un seul morceau à prendre avec soit sur une île déserte est pour moi un exercice aussi périlleux (voir pire) que d’escalader à mains nues la façade d’un building de trente étages… Quoique… Mais l’exception confirme la règle.

Je dois sans nul doute mon souvenir le plus fort lié à la musique à China Girl de David Bowie. Je suis née en 1983 et c’est aussi l’année où Bowie reprenait cette chanson sur son album Let’s Dance, initialement écrite pour Iggy Pop.

J’ai été un enfant miraculeux, issu de l’union mixte d’une belle vietnamienne au caractère bien trempé et d’un blondinet, arnaqueur repenti, aux yeux bleus. Je sais que j’ai été désirée par chacun d’entre eux plus que tout au monde.

Alors lorsque mon papa qui travaillait la nuit rentrait, il venait me câliner avant d’aller se coucher. D’après ce qu’il me dit encore aujourd’hui, chaque soir sans faillir, je l’attendais, bien éveillée, assise dans mon lit.

A l’époque, profitant ainsi de l’un des rares moments qui lui était possible d’avoir avec sa fille, il me berçait, me susurrant ce couplet pour que je m’assoupisse.

And when I get excited
My little china girl says
Oh baby just shut your mouth
She says… sh…

Depuis mon adolescence j’ai eu la chance de voir un nombre incalculable de concerts en une quinzaine d’années, avoisinant une moyenne basse de deux par semaine… La musique tenant une place prépondérante dans ma vie, je n’ai pourtant pas vraiment de réaction fanatique face aux artistes que je respecte le plus.

Pourtant je me suis levée une fois aux aurores, puis j’ai fait la queue des heures durant pour avoir la chance de voir Bowie en live. Le jour du concert, je me souviens très bien m’être mise dans un coin un peu en retrait dans le fond à gauche pour voir la réaction des gens.

Lorsqu’il est arrivé sur scène je l’ai trouvé si élégant dans son costume trois pièces et sa montre à gousset… Ce serait mentir que de ne pas dire que j’ai plus ou moins aimé la setlist mais au ¾ du concert alors que je ne m’y attendais pas du tout, j’ai reconnu les premières notes et lorsqu’il a commencé à chanter, une vague de frissons m’a parcouru le corps. A ma plus grande surprise je me suis sentie véritablement submergée, les larmes me montant aux yeux. D’ailleurs, je ne me souviens pas du reste du concert et encore moins de ce que j’ai pu faire après. Encore aujourd’hui je m’étonne de cette émotion si forte…

Pour l’anecdote, le jour où l’on m’a proposé de partager avec vous ce souvenir, mon papa a rencontré la muse de ce morceau LA China Girl, car elle existe visiblement. Il lui a aussi raconté ce souvenir et elle en a été assez attendrie. Alors oui, fondamentalement il ne s’agit que d’un tout petit rien mais il est pour moi le symbole de tout l’amour paternel que j’ai reçu.
(Et puis… Pour ceux qui se demanderaient à qui j’associe ma maman dans mes souvenirs, je leur répondrais que même si je ne lui ai encore jamais dit je la remercie de m’avoir fait écouter Christophe. Merci Maman !)

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