Très cher Dominique

Le 27 mars 2012 par Piedo

Très cher Dominique,

Depuis le temps que je suis ton travail, sans mettre la moindre retenue dans cette espèce de passion irrationnelle pour tes chansons, je me permets de te tutoyer. On va pas faire de chichi entre nous. Et puis, bon, ici, c’est chez moi (même si j’ai des colocataires, certains fort peu présents d’ailleurs) alors je fais bien ce que je veux.

Très cher Dominique, disais-je.

Aujourd’hui, lundi 26 mars 2012, vient de sortir ton neuvième album studio. Dixième si on compte Un Disque Sourd mais bon, je sais pas si toi-même tu le compterais. Et je ne sais pas non plus si tu parlerais de disques « studio » pour tes toutes premières œuvres. Par contre, Vers Les Lueurs, aucun doute, c’est un vrai album de studio, avec de vrais arrangements, une vraie production et tout. Je suis très loin d’en avoir fait le tour. J’y entendrai plus clair à la 149e écoute, mais néanmoins, aucun doute : tu viens, encore une fois de sortir un disque passionnant.

Et c’est d’ailleurs là tout l’objet de cette modeste lettre. Je voulais  te remercier pour cet album. Pas parce qu’il m’a bouleversé, renversé, chamboulé ou ce que tu veux. Ça, je n’en sais encore trop rien. Mais parce que dans ces premiers jours de printemps, je manquais sévèrement de matière musicale à écouter en boucle pour la décortiquer, l’analyser, l’écouter sous toutes les coutures, sous toutes les mesures. Bref, je manquais d’un disque sur lequel bloquer. Mais va pas croire que je suis obsessionnel. Ce genre de type un peu flippant qui vient te bassiner avec la troisième mesure du deuxième morceau du cinquième album (dans la version non remasterisée). D’ailleurs, si je venais te croiser au comptoir du Dejazey, je serais incapable de venir te parler. Je serais vraiment trop ivre également, alors honnêtement, c’est mieux comme ça.

Mon obsession musicale, je l’ai déjà exercée sur plein d’autres groupes, plein d’autres artistes. J’ai écouté un million de fois Neon Bible, The Age Of Adz, In Utero, Dry et tout un tas d’autres disques maintenant bien usés, parce qu’ils me parlaient et parce que je voulais VRAIMENT comprendre comment ils fonctionnaient. Je voulais tout savoir de leur mécanique interne. Sans comparer quoi que ce soit – ça n’aurait pas le moindre intérêt – je sais déjà que Vers Les Lueurs n’a pas fini de tourner. Parce qu’il y a plein de choses à y entendre, plein d’éléments à prendre, plein de choses à essayer de comprendre.

Et ça, quand on est auditeur compulsif, c’est une excellente nouvelle.

Je profite quand même de cette lettre pour te remercier de la qualité et de la sincérité de ton travail. Tu ne fais jamais la même chose, sans pour autant tout remettre en question. A chaque fois que tu sors un nouveau disque, je m’inquiète. Est-ce que ça sera différent, bon, moins bon ou meilleur qu’avant ? Est-ce que ça va me plaire ? Et jusqu’ici, je n’ai jamais été déçu.

Vers Les Lueurs, avec ses arrangements incroyables (coller des hautbois et du basson en ouverture de ton album, c’est culotté et ça fonctionne incroyablement bien), cette production lumineuse, semble s’assembler pièce après pièce, chanson après chanson, pour faire un très grand disque. Une autre excellente nouvelle, donc.

Et puis, si tu lis ça, tu en profiteras pour féliciter Thomas Poli. La dernière fois que je t’ai vu sur scène, il était déjà là, très impressionnant. Mais sur ce disque, il est bien au-delà de ça. A en rendre Olivier Mellano (puisqu’on est dans la référence rennaise) jaloux, ce qui n’est pas peu dire.

Je ne sais pas encore quoi penser précisément de Vers Les Lueurs. Je n’en suis qu’aux premières écoutes. Celles qui défrichent, celles qui donnent une vue d’ensemble mais superficielle d’un disque. Peut-être que je reviendrai t’en dire un peu plus quand j’en aurai vraiment fait le tour du propriétaire, et si j’ai quelque chose d’intéressant à en dire. D’ici là, j’entame une nouvelle écoute. Et je prends une nouvelle claque avec Le Convoi. Rien que ce morceau, d’ailleurs, valait bien ce petit courrier.

Et puisqu’on est dans la confession, autant que tu le saches, j’ai vraiment hâte de voir comment tout ceci sonne sur scène. Ça tombe plutôt pas mal, puisque tu seras à Rennes les 2 et 3 juillet prochains.

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