Bowerbirds – The Clearing : instants de grâce

Le 8 mars 2012 par Piedo

Comme très souvent, quand il est fait mention d’un groupe ou d’un artiste sur Twitter, je n’en ai jamais ou presque entendu parler. Et, le plus souvent, dans ma grande fainéantise, je ne creuse pas la question. Je laisse le twitt mourir dans le flux tendu d’une TL surchargée en références incompréhensibles et m’empresse d’oublier jusqu’à l’existence du groupe dont il était fait mention.

Sauf aujourd’hui. Frustré par l’écoute des deux extraits de l’album à venir de Dominique A (non qu’ils soient mauvais, c’est juste que je commence à m’impatienter), j’ai fini par suivre les conseils de ma TL (poke, Vincent Théval, Erwan et St Augustine) et j’ai lancé The Clearing, le nouvel album des Bowerbirds ; groupe dont je ne connaissais rien et que j’avais probablement confondu avec un jeu vidéo qui cartonne.

Et là, je suis tombé sur le truc parfait pour cette matinée. Une première chanson – Tuck The Darkness In – vraiment splendide, aux accents assez Arcade Fire, période Funeral – qui retient immédiatement l’attention et l’album s’ouvre comme un boulevard tant les mélodies et les arrangements sont lumineux. Impossible de le lâcher avant la dernière seconde.

 

 

Certes, dans une période aussi morose que celle que nous connaissons, on a très vite fait de décréter que tel groupe, tel album ou telle chanson est sublime, splendide, superbe. Avant de passer à autre chose la semaine suivante. Etant plutôt spécialiste de l’allumage spontané, j’ai appris à me méfier de mes emportements. J’ai appris à séparer la musique à proprement parler du moment où je l’écoute. Parce que si je devais faire un post sur chacun de mes affolements musicaux, vous auriez eu droit à un paquet d’albums de l’année ou de la décennie…

Pourtant, là, c’est différent. Au diable les réserves et la tiédeur. Je trouve cet album incroyable, puissant et aérien, beau mais pas chiant une seule seconde. The Clearing combine subtilité et force sans jamais se complaire dans les clichés du folk, sans jamais faire dans le rugueux lo-fi convenu mais, bien au contraire, en enrobant ses mélodies d’arrangements précieux et lumineux. Cet album assume ses scories et clichés de hipsters barbus folkeux et les dépasse pour se concentrer sur l’essentiel : de sacrément bonnes chansons, ambitieuses et enthousiasmantes. Peut-être est-ce en partie lié à l’arrière plan de ce groupe et de cet album (Beth Tacula et Phil Moore, les deux piliers du groupe, forment un couple à la scène comme à la ville, Beth a manqué de mourir avant l’enregistrement, ils se sont séparés puis retrouvés… ) ou peut-être pas. Et peu importe. Ce qui compte, ici, c’est moins le processus qui a conduit à cet album que le disque en lui-même. Des chansons puissantes comme Tuck The Darkness In ou This Year, des ballades comme Overcome With Light ou le duo Death Wish ou Now We Hurry On qui clôture l’album peuvent prétendre au statut de classique. Ce ne sont pas des épiphénomènes musicaux, mais de véritables compositions, de celles qu’on aura plaisir à réécouter, dans quelques temps, quand le disque aura commencé à prendre la poussière.

 

 

The Clearing est disponible depuis le 6 mars chez Dead Ocean. Pour l’instant, une seule date est prévue en France, à Paris évidemment (le 30 avril, au Café de la danse).

9 Commentaires sur “Bowerbirds – The Clearing : instants de grâce”

  • Comme je te l’ai dit sur twitter je te conseille vivement l’album précédent et le premier aussi, excellent.
    L’histoire autour de ce disque, racontée dans la vidéo, est vraiment très belle je trouve.

    • Piedo

      Ouais, même si on n’échappe pas vraiment à certains clichés folkeux, y a visiblement un truc très fort qui a amené à ce album et qui en explique la beauté.

      Quant au disque précédent, je l’ai en double file. Mais là, j’ai un peu dérivé vers The Rural Alberta Advantage, va savoir pourquoi…

  • J’adore trouver et écouter une fois par mois l’album de l’année.

    A l’opposé, c’est bizarre, cette idée développée ici de censurer ses états d’âme du moment sous prétexte qu’ils seraient trop forts et non réfléchis. C’est d’autant plus bizarre exprimé ici où tu laisses une place justement à ces choses les plus belles, celles qui explosent à la figure. Après tout, si tout le monde en avait fait autant (douter) lors de la sortie des deux premiers excellentissimes albums des Bowerbirds (et heureusement, ce ne fut pas le cas!), il n’y aurait personne aujourd’hui pour parler de ce troisième…

    Et que la fougue de l’émotion reste entière : ils (les Bowerbirds) sont exceptionnels live, faisant partie de ceux qui arrivent à conserver sur scène la force des messages doux! Mais il faut que les conditions s’y prêtent : une salle intimiste comme celle de la Maison des Musiques de Bruxelles où j’avais eu la chance de les voir…

    • Piedo

      Ah mais moi aussi, j’adore ces emballements et ces états d’âme. Je censure simplement leur passage à l’écrit, dans ces colonnes, c’est tout.

      Je trouve ça plutôt salvateur, en fait, parce que si je mettais par écrit tout ce merdier, outre que ça encombrerait, ça finirait par tout mettre au même niveau, les emportements fugaces, les feux de paille et les trucs plus profonds, durables.

      • OK, si ça réfère à Twitter, Dieu m’en préserve!!!
        L’appréciation musicale (et bien d’autres choses!) en diarrhée continue, ce sera alors effectivement sans moi!
        😀

  • juliette

    ils étaient passés au Palais du grand large à la Rdr d’il y a 3 ou 4 ans (juste avant Micah P Hinson me semble-t-il)… alors pourquoi pas cet été encore ?
    J’avais adoré le premier album et pas mal décroché au deuxième mais ton post m’a donné envie d’y retourner !

    • Piedo

      Juliette ? Juliette ?

      J’ai bien connu une Juliette, mais elle a été prise en otage par des asiatiques sur une plage paradisiaque il y a quelques temps maintenant…

  • Sophie V.

    Mais mazette, quelle découverte. Même si je ne vois pas le rapport avec Funeral, MON plus bel album de la décennie (passée) 😉 Rires, la référence à Angry Birds.

    • Piedo

      La référence à Arcade Fire, c’est juste pour la première chanson, Tuck The Darkness In, dont la fin me fait penser à certains moments héroïques de Funeral. C’est tout !

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