Route du rock hiver : compte rendu 1

Le 20 février 2012 par Disso

Ils sont venus, ils sont tous là, de Rennes, de Paris et de Saint Malo (et peut-être même d’ailleurs) pour ce que je décrète comme étant le meilleur festival de France et de Navarre (à égalité avec le Midi Festival fin juillet).

Premier jour, premier groupe, c’est Gauntlet Hair qui s’y colle, un petit duo hipster à moustache qui produit une pop dans la famille Animal Collective. Et ça commence difficilement pour eux, en effet, problème technique de SPDS (me demandez pas trop ce que c’est mais le charmant bassiste qui nous servait d’accompagnateur à Lisenn et moi a dit que c’était ça). Du coup, les jeunes poulets sont plus tendus qu’un indie boy qu’on aurait lâché en plein milieu du salon de l’agriculture et même leur hit Top Bunk en pâtit.  En à peine une demi-heure, les garçons visiblement dépités mettent fin à leur prestation. Perso, je leur donnerais bien une seconde chance mais j’avoue qu’une performance scénique chantée qui ne peut pas se passer d’effets électroniques, ça me laisse un peu perplexe.

Ce sont ensuite les petits Caennais de Kim Novak qui entrent en scène. Petits, façon de dire, le chanteur est plutôt grand, voire très grand. Le bassiste, mignon petit chaton qui frôle à peine les 20 ans, est super concentré. Tout ça joue un pop rock teinté de ballade. Sur deux titres, le chanteur se laisse aller dans les graves et c’est magnifique, une très belle voix de crooner, sensuelle. Un moment très agréable, même s’il leur manque sans doute encore une petite étincelle de folie.

Les très attendus Caveman prennent la relève, et là, déception. Du moins déception pour moi qui pars boire des bières (oui, hélas, la chair est faible et j’ai bu toutes mes pintes). J’ai trouvé le live un peu plat et sans saveur par rapport au disque, mais les échos furent très contrastés, la majorité s’accordant à dire que la fin de leur performance était bien meilleure que le début. A vous de vous faire une opinion en regardant la vidéo ci-dessous.

La salle n’est pas tout à fait, tout à fait pleine mais on ne doit pas en être loin quand entre en scène le grand escogriffe de S.C.U.M. Imaginez, comment dire… Le visage de Nick Cave jeune, la coiffure de Robert Smith de Cure, les vêtements d’un écologiste qui vivrait sous sa yourte et la gestuelle d’un derviche tourneur débutant. Le premier morceau fait illusion, la suite n’est qu’une longue litanie de mélodies bien léchées mais aussi très bien calibrées. Ça respire un peu le produit marketing, à moins tout simplement que leur jeunesse ne leur ait pas donné la possibilité de s’exprimer totalement sur scène. En tout cas, assez sérieuse déception pour moi.

Il faut attendre la fin de la soirée, l’heure tardive de 1h30 pour voir enfin débouler LE groupe de la soirée : The Men. Les 4 (dont une fille curieusement, mais visiblement ce n’est pas la formation habituelle) viennent de sortir un disque chez Sacred Bones. Ils entrent en scène, s’installent, doivent murmurer dans leur tête : 1,2,3,4 et là PAN! Ca joue vite et fort d’un coup. On se croirait chez les Cramps qui auraient eu Kurt Cobain comme fils illégitime. Ca tabasse, ça secoue, ça remue. Au deuxième morceau, le batteur ôte sa chemise dévoilant une musculature impressionnante, les filles poussent des petits cris dans l’assistance. Il fait chaud. Très chaud. Après, peut-être que ce système finit par tourner un peu en rond au bout d’une dizaine de titres mais le plaisir est tel que personne ne songe à le bouder. Sans conteste, la révélation de la soirée. L’ensemble des concerts de cette première soirée est à revoir sur Arte Live Web. Et on se retrouve demain pour le compte rendu de la deuxième journée avec Baaaxter Dury.

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