Santa Cruz et les odeurs de Coimbra (Portugal)

Le 3 février 2012 par Piedo

L’americana, ce mot fourre-tout qui rassemble dans un grand sac tout ce que la musique actuelle compte de folk, blues, riythm & blues, country, rock qui respire les grands espaces américains, c’est certainement un des genres musicaux qui me passionnent le plus. Du moins en ce moment et jusqu’à nouvel ordre, la constance n’étant pas franchement ce qui guide mes goûts musicaux…

Pourtant, jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, je n’en connaissais rien d’autre que 16 Horsepower et ses quatre albums cruciaux. Jusqu’à ce noël 2003, où de retour à Rennes après un premier semestre au Portugal et avant d’y retourner, un vendeur de Rennes Musique a eu l’excellente idée de me glisser dans les mains Welcome To The Red Barn, le premier album de Santa Cruz, un groupe dont je ne savais rien, dont je ne connaissais pas un des membres. Je ne savais pas, à l’époque, ce qu’était un pedal-steel, la country se limitait à de la musique de cowboys ringards et des chanteuses à la poitrine opulente.

Sur le moment, je n’ai pas véritablement prêté attention à ce disque. J’y ai jeté une oreille distraite et l’ai glissé dans ma malle rouge (un gros truc en métal qui faisait aussi table basse) en me disant que j’aurai bien le temps de le décortiquer, au chaud, à Coimbra, Portugal. Et ça n’a pas manqué, puisque de janvier à juillet, avant de rentrer définitivement en France, je n’ai pas passé une journée sans écouter ce disque. J’ai écouté des chansons comme Highway 84 ou Red, With Mud ou River Guard un nombre incalculable de fois. Forcément, après quelques mois d’un tel matraquage, Santa Cruz est devenu indissociable de ma vie d’étudiant français en erasmus au Portugal. A force de balades avec ce disque dans les oreilles, ce son est associé aux rues pavées, au soleil écrasant et au collines de cette bonne vieille Coimbra. La bande son de mes derniers mois là-bas est clairement faite de musique aux racines américaines, pas franchement de fado. Même maintenant, presque 10 ans après, je ne peux écouter ce disque sans retrouver les odeurs et les lumières de ce pays et de cette ville. Et, ça va sans dire, la nostalgie, la bonne vieille saudade, est maintenant une dimension à part entière de Welcome To The Red Barn.

Ce n’est qu’une paire d’années après avoir regagné mes bases rennaises que j’ai commencé à mettre en lumière le réseau sous-jacent qui reliait Santa Cruz et, entres autres, 16 Horsepower, Woven Hand ou Lilium. En fouillant un peu, j’ai appris que Pascal Humbert avait joué avec eux, qu’il frayait avec Bruno Green (ce dernier ayant fini par quitter Santa Cruz pour, notamment, rejoindre le-dit Humbert sur le dernier Lilium). Il m’aura fallu le même laps de temps pour enfin voir Santa Cruz en concert, un soir d’été dans le jardin Jean-Guy, où la pluie a précipité la fin de leur set. Je me souviens parfaitement de ces gouttes d’eau qui passaient devant les projos, apportant une dimension épique à leur musique.

Je n’écoute évidemment plus Santa Cruz de manière aussi vorace qu’avant. J’ai élargi le spectre de l’americana a tout plein d’autres groupes dont je ne connaissais pas l’existence. Malgré tout, et même si je suis parfaitement conscient que beaucoup de disques lui sont supérieurs, au-delà donc de tous les critères objectifs, Welcome To The Red Barn conserve une place à part dans ma discothèque. Une madeleine musicale que je sors de son étagère de temps en temps, que je dépoussière avant de me vautrer dans mes souvenirs portugais.

Santa Cruz existe toujours. Ils ont notamment monté Director’s Cut, un spectacle avec les musiciens de l’orchestre de Bretagne, sur des arrangements de Joseph Racaille. Et, si tout le spectacle est splendide, les quelques chansons tirées de leur tout premier album gardent une saveur bien particulière et réussissent, comme à chaque écoute, à me hérisser les poils…

Untitled from Sebastien Rozé on Vimeo.

2 Commentaires sur “Santa Cruz et les odeurs de Coimbra (Portugal)”

  • ju

    tiens, si j’en profitais pour dire que je cherche un prof de lap-steel à Rennes…..

  • CECILE C'EST TOUT

    Les lacets entremêlés de mon antre effectuent une danse boulerversée entrainant mon coeur et mon âme vers des chemins tortureux et douceureux…. Sublime….Tout simplement…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *