Dominique A et moi

Le 11 janvier 2012 par Piedo

Hier, tout ce que le web compte de réseaux sociaux bruissait de la prétendue révolution FreeMobile. Cette actualité, aussi importante soit-elle pour les défenseurs acharnés du pouvoirdacha, ce mantra qui souligne surtout la médiocrité de notre société où la possibilité de remplir facilement ou non son caddie fait office de projet de vie, semblait prendre le pas sur tout le reste, sur l’essentiel. Malgré tout, au milieu de ce torrent de hashtags et d’articles dédiés à Free, une information, cruciale elle, surnageait tant bien que mal. Dominique A, pour ses 20 ans de carrière, ressort ses premiers albums remasterisés et complétés de moult bonus. Il revient d’ailleurs dans le détail sur ses huit albums studio dans un papier de Libération (enfin dans Next, la remorque culturelle de Libé), série d’articles dans laquelle transpire toute la classe, l’intelligence et la finesse de ce type.

Et puis, en réécoutant tous ses albums, façon marathon musical, j’ai réalisé que Dominique A et sa musique m’accompagnent depuis que je suis en âge d’écouter mes propres disques. Avec Dominique A, je suis dans l’impossibilité complète et parfaite d’écrire un article journalistique, un truc objectif. J’ai tellement intégré ses disques à ma propre vie que je suis obligé d’en passer par la première personne pour en parler…

Si je ne connais vraiment pas bien ses deux premiers albums (La Fossette et Si Je Connais Harry), La Mémoire Neuve fait partie de mon propre ADN musical. J’écoute ce disque depuis que je suis en troisième, il a fait partie de la bande-son de cet été si particulier entre le collège et le lycée, il est de ces albums dont une seule écoute suffit à retrouver les odeurs, les atmosphères d’un moment précis. J’ai tellement et si puissamment bloqué sur ce disque, malgré les rires narquois de certains de mes potes (j’ai retrouvé quelques fois le disque, celui de mon frère en fait, dans la poubelle familiale)(on est taquin et un peu idiot quand on a 15 ans) que j’ai mis un sacré bout de temps à m’intéresser aux albums suivants. Mais, dès la première écoute, j’ai été bouleversé par Remué, ce disque incroyablement sombre et austère, puissant et pessimiste. J’ai écouté en boucle Pour la peau, Je t’ai toujours aimé ou Le commerce de l’eau, sur Auguri. Si j’ai un peu fait l’impasse sur Tout Sera Comme Avant, j’ai replongé comme un parfait junky avec L’horizon et La Musique, réalisant à quel point il est capable de se réinventer, album après album, sans jamais trahir ni décevoir.


Un Concert à Emporter – Dominique A #1 – « Le bruit blanc de l’été » from La Blogotheque on Vimeo.

Et puis, il y a la scène. Avec Têtes Raides (jamais je ne renierai l’attachement pas forcément très rationnel que je porte à ce groupe et à Christian Olivier), Dominique A est sans doute l’artiste que j’ai le plus vu en concert. La tournée en solo, avec ses loopers et ses samplers et ce concert au Grand Logis qui a mis d’accord un auditoire pas forcément convaincu au départ. Ce concert à l’Antipode (je crois que c’était lors de la tournée qui suivait la sortie de L’horizon), où j’ai réussi à traîner celui même qui s’amusait à mettre La Mémoire Neuve à la benne (et qui en est d’ailleurs sorti totalement convaincu)… Sur scène, Dominique A est vraiment stupéfiant. Massif, physique, il donne une épaisseur incroyable à ses chansons (Le courage des oiseaux ou Pour la peau, avec Thomas Poli qui avoine consciencieusement sa Fender Bass VI ou sa Jazzmaster, j’ai comme un doute,est un de mes plus grands souvenirs de concert), à des kilomètres du chanteur fluet à la voix chevrotante du Twenty Two Bar. D’ailleurs, ce vibrato fragile (et même, parfois, agaçant) n’est plus vraiment présent. En 20 ans, il a trouvé le temps de travailler sa voix…

Dominique A fête donc ses 20 ans de carrière. Et moi, j’en profite pour fêter ces 16 années où sa musique m’a accompagné et me replonger, encore une fois, dans sa discographie…

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