Sallie Ford, dynamite rock’n’roll

Le 27 décembre 2011 par Piedo

Sallie Ford and the sound outside

 

Vintage. C’est le qualificatif que n’importe quel plumitif un peu fainéant aura vite fait d’accoler à Sallie Ford. Faut dire aussi que la chanteuse, avec ses lunettes papillonnantes et son look d’assistante personnelle de Don Draper, fait tout ce qu’il faut pour cantonner ledit plumitif à des références explicites, rassurantes et, en définitive, très limitées.

Parce qu’en fait, le truc le plus important avec Sallie Ford, c’est sa voix. Une voix incroyable, puissante, furieuse, un gros bâton de TNT balancé dans les convenances. Avec son premier album, Dirty Radio, elle balance une grosse tarte dans les joues des chanteuses neo-vintage, neo-soul, neo tout ce que tu veux. Sallie Ford fait une musique primitive, insolente, évidente, débarrassée du moindre artifice, du moindre maquillage. Le son de son disque est organique, purement analogique mais sans jamais se vautrer dans la médiocrité et la facilité d’un hommage à une époque bénie, façon rockabilly du pauvre qui pleure sur la modernité en époussetant sa collection de 45 tours.

En onze titres, et grâce à un backing band qui fait parfaitement le job, en s’effaçant juste ce qu’il faut derrière la chanteuse (j’imagine d’ailleurs le confort et le pied que ça doit être de jouer pour un tel tempérament…), Sallie Ford, du haut de ses 22 ans, met une une grosse misère à un paquet de chanteuses aux références tellement évidentes que leur musique pue la poussière et la nécro. Tout simplement parce que, quand Sallie Ford chante, elle n’est pas dans la référence. A la manière d’un Jim Jones, elle est ce rock’n’roll primitif, celui d’où tout est issu. Certains auront vite fait d’expliquer qu’elle n’invente rien, que sa musique est ultra datée. Ça sera simplement la preuve qu’ils n’ont rien compris à ce qui fait l’essence même du rock’n’roll. Sallie ne prend pas la pose, elle ne rend pas hommage. Elle se contente de balancer ses chansons avec morgue et classe, en se moquant pas mal des qualificatifs qu’on peut apposer à sa musique, des références auxquelles on va la renvoyer.

Et cette attitude incroyable se confirme sur scène : lors des dernières Trans Musicales, en trois accords et deux phrases, elle a mis toute la salle de la Cité d’accord. Et sans se forcer, avec un naturel et une facilité stupéfiants. Nightmares, la splendide ballade qui clôture l’album, a pris ce soir là une dimension et une force incroyables. Il suffisait d’observer les sourires extatiques du public, partagés avec les trois musiciens sur scène, pour comprendre la puissance et l’authenticité de cette chanteuse.

Grâce à l’excellent boulot de Fargo, qui a encore une fois eu le nez creux, Sallie Ford & The Sound Outside seront de retour en France à partir de février. L’occasion d’aller vérifier par vous-même le talent de cette môme de 22 balais.

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