1994, the year I fucked up my first Transmusicales

Le 17 décembre 2011 par Virginielasnob

J’ai fait mes études dans la première moitié des années 90, vous savez quand la plupart des jeunes gens portaient des chemises à carreaux et écoutaient du rock à cheveux longs et gras. Hum.

A une période de confusion étudiante et de recherche existentielle (où suis-je, où vais-je, serai-je un suppo du grand capital ou un esclave de la fonction publique ?), j’ai envisagé le temps d’un été d’aller finir mes études à Rennes, encouragée dans cette optique par une amie furieusement décidée à aller s’installer là-bas. N’ayant finalement pas trop foiré mes examens, je décidais donc de rester à la capitale alors qu’elle y partait mais gagnais dans le même temps un pied-à-terre dans la ville de toutes les folies du jeudi soir, enfin c’est ce qui se murmurait dans la grisaille de la banlieue parisienne.

L’occasion était donc rêvée de tester un « gros » festival réputé et bien pratique puisque citadin, les Transmusicales, tellement moins boueux que les Eurockéennes précédemment testées. J’avais donc dépensé tout l’argent de mes courses pour un billet de TGV et un ticket pour THE gros concert du festival cuvée 1994 où devaient jouer Sloy, Girls vs. Boys, L7, Offspring et les Beastie Boys. Du léger, du fin, je vous ai dit, période grunge oblige.
Et soudain un certain agacement mêlée d’une douleur extrême sur le côté droit, la veille du départ, m’ont fait craindre une annulation et payer une fortune un incompétent médecin de nuit qui diagnostiqua une indigestion. Qui se roule par terre à cause de ça ? Heureusement, le lendemain matin, pas vraiment requinquée par une nuit de douleur et d’inquiétude mais débarrassée de symptôme, je rejoignis mes amis à la Gare Montparnasse. “Oh les filles, la vache, j’ai failli pas venir, j’ai cru que j’avais l’appendicite et pis non”.
Voyage tranquille et débarquement dans la colocation surchargée de la bretonne fraîchement immigrée, il faillait se dépêcher de nous sustenter avant le concert. Resserrer les lacets des Doc, remonter le revers du jean et avaler un peu de fast food avant d’aller s’amuser et s’enivrer.
C’est alors qu’elle est revenue cette désagréable sensation sur le côté, loin mais déjà tellement présente. Oh, ça va passer allez, rentrons dans l’Omnisport (qui ne s’appelait pas encore le Liberté), y a pas de lézard, je vais juste m’allonger là un peu par terre si vous voulez bien….
Voilà donc ma première soirée de Transmusicales me permit de voir Sloy jouer un morceau avant de rejoindre l’infirmerie où je devins pendant 1h le sujet d’interrogation du personnel soignant. Je me tordais de douleur mais aussi de frustration, passé le concert de Sloy, mes chouchous de Girls vs. Boys étaient en train de s’énerver sur leurs instruments et je ne pouvais rien faire d’autre que me rouler dans ma douleur et ma civière.
Evacuée ensuite vers la Polyclinique Cesson-Sévigné (on n’oublie jamais ce genre de détail) où l’on m’apprit rapidement que j’avais un calcul rénal, je jurais, que je reviendrais, que j’aurais ma vengeance, que je vaincrais les Trans ! Non mais j’ai même pas eu le temps de boire UNE seule bière quoi, la haine…

Je ne revis cependant jamais Sloy mais heureusement plusieurs fois les excellents Girls vs. Boys., les peu élégantes mais diablement efficaces L7 ont disparu aussi rapidement qu’elles étaient arrivées et les Beastie Boys, sans doute mis au courant de mon état, avaient eu le bon goût d’annuler. Ils eurent l’élégance de me visiter à la Capitale par la suite. J’ai vu Offspring l’année dernière, ça avait un intérêt assez limité.

Un jour, je vous raconterai comment j’ai réussi mes Trans de 1995.

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