Mirel Wagner, walkyrie folk

Le 14 décembre 2011 par Piedo
Photographie de Mirel Wagner

MirelWagner_(c)AkiROUKALA-BW3

Je ne sais rien ou presque de Mirel Wagner. Elle est Finlandaise d’origine éthiopienne, elle chante et joue de la guitare et c’est tout. Je l’ai découverte grâce à une vidéo, innocemment postée sur facebook par un programmateur de talent (et de renom). J’ai voulu en parler aussitôt, mais j’ai préféré écouter en boucle cet album…

De Wagner, elle n’a que le nom. Rien de lyrique, d’héroïque dans sa musique. Tout est dépouillé jusqu’à l’os. Une guitare, une voix, un peu de reverb et c’est tout. Ses chansons sont sombres, glacées et glaçantes (je épargne les vannes subtiles sur le climat finlandais). Tout l’album, très homogène, est empreint d’une profonde tristesse, d’un désespoir magnifique.

Mirel Wagner – No Death from Aki Roukala on Vimeo.

Mirel Wagner est une chanteuse incroyable. Non pas par sa technique ou sa puissance mélodique. Mais par les ambiances qu’elle tisse, avec trois accords et des images poétiques d’autant plus puissantes et suggestives qu’elles sont presque susurrées.

her hair is long
still smells like mud
she answered to my kiss
with a rotten tongue

No death

despair was standing with its jaws open wide
swallowed me whole in to the big black night

Despair

Avec ses arpèges obsédants et sa voix feutrée, presque langoureuse, on pourrait s’imaginer une atmosphère confortable, automnale. Le genre de disque à écouter au chaud, une tasse de bon thé en attendant que la nuit tombe. Mais, dès la première chanson, To The Bone, on comprend vite qu’on n’est pas là pour rire. Mirel Wagner nous parle de désespoir, de tristesse, de mort, de corps pourrissants. La fatalité est omniprésente, il semble n’y avoir aucune échappatoire à la tragédie, aucune issue au bout du tunnel. Pourtant, l’ensemble reste d’une évidence rare. Comme si la lumière, aussi maigre et blafarde soit-elle, n’était jamais aussi puissante que dans les ténèbres les plus obscures.

En trente minutes et neuf chansons, Mirel Wagner nous happe dans un univers inquiétant et crépusculaire, hanté par les morts, la mort et les démons. Pourtant, on ne sort pas facilement de son blues halluciné. Au contraire, on a envie de prolonger le voyage, pour voir jusqu’où elle pourrait nous entraîner. Ce disque, en fait, est taillé pour les atmosphères de fin du monde des tempêtes hivernales.

Pour les Rennais, les chanceux, Mirel Wagner sera en concert le dimanche 25 mars, avec Dillon, dans le cadre des Instants Thé de l’Antipode.

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