Mes Trans 2011 : mode canapé, antalgiques et cheminée

Le 4 décembre 2011 par LeeZen


Pas de Trans cette année. Comment ça pas de Trans cette année ? Ce n’est pas une arthroscopie qui va t’arrêter, foi de ménix ! T’as une connexion wifi, un ordi, un smarthpone ? ben tu prends le tout, tu rajoutes du sucre et c’est bon. Tu les auras tes Trans 2011…

Aux Trans 2011 tu n’assisteras pas…

Quand on a un ménisque pourri, qu’on est entravé dans son hyperactivité sportive depuis des mois et que le grand maître Scalpel vous propose une arthroscopie le 25 novembre, on signe tout de suite. Ce n’est que quelques jours plus tard, en observant attentivement son Moleskine qu’on s’aperçoit avec horreur et malédiction qu’on ne pourra pas être aux Trans cette année !

Ah les Trans ! Ce festival décibélien qui remue les entrailles de la ville de Rennes pendant 3/4 jours (et celles de ses festivaliers par la même occasion) : entrailles houblonnées, entrailles émotionnelles, entrailles acouphéniques, entrailles gastronomiques, entrailles fatiguées. Mais du bonheur et des souvenirs plein la tête, à chaque fois !

Damned, me voilà donc condamnée à ne pas vivre tout ça cette année. Enfer et frustration.

Mais que nenni ! Nous sommes au XXIè siècle et les technologies ont ceci de magique qu’elles permettent presque de vivre les événements sans y être. Alors, quoi, je suis perdue en convalescence dans le fin fond du Finistère Sud, à 180 km de Rennes ? Pas grave, la claudiquante ! Les Trans 2011, tu les vivras dans ton canapé en cuir, les pieds au chaud face à la cheminée, les antalgiques dans une main et l’iPhone dans l’autre !

iPhone TooiPhone Too par Steve Kay on Flickr

Les retransmissions radios tu écouteras

Pas facile pour le coup car il faut écouter les directs. Entre FIP, Canal B, Le Mouv’, RCR, tu n’as que l’embarras du choix ! Après, il faut aimer la parlotte entre les décibels, les interviews parfois cons cons ou carrément réservées aux initiés musicocrates… Bref, pas ma tasse de thé, tu l’auras compris ! A réserver aux exilés en terres ingrates où le wifi et l’ADSL n’existent pas et où l’hertzien règne encore…

Les retransmissions TV tu regarderas

En direct ou en VOD, c’est selon… Le plus remarquable dans cette catégorie, c’est Arte Live Web. Il nous avait déjà sauvé la mise à la Route du Rock cet été, quand malmenés par une soirée de pluie diluvienne, on avait lâché l’affaire avant Battles. On s’était donc rattrapés ensuite, au sec ! Pour les Trans, ce sont 17 concerts filmés et accessibles 3 mois durant. De quoi occuper ses vacances de Noël et se regarder 2 concerts entre la dinde , la bûche et le fois gras, histoire de digérer… Et notamment Breton, qui d’un commun accord bloguesque, twitterien, facebookien a fait l’unanimité.

Suivi de très près par le CREA de Rennes 2, qui, en partenariat avec l’ATM, donne retransmission Live des concerts à l’Ubu : 12 concerts dont celui, très attendu, des Juveniles. Et à priori, au vu de la foule à l’entrée de l’UBU vendredi après-midi, je ne suis pas la seule à avoir utiliser ce moyen pour regarder le concert…

Un p’tit dernier, tout nouveau sur le marché mais qui mérite d’être suivi tant la formule est étonnante d’interactivité : CommOnEcoute, qui propose des concerts en mode 2.0 en live et en VOD. Ils étaient à l’UBU eux aussi pendant 3 jours : le concept ? Une retransmission en live mais accompagnée de commentaires type gazouillis twitter par des personnalités invitées. Une salle de concert communautaire grandeur nature si vous préférez… Affaire à suivre.

La presse et les blogs tu liras

… et tu te noieras ! On a beau être documentaliste dans la vraie vie, on en perd son latin pendant ces trois jours. Trop d’infos, tue l’info, c’est bien connu. Si l’on s’en tient à la presse locale, on s’en sort à peu près. Bon, OK, Ouest France (Ouest Torch’ pour les intimes) et Le Télégramme (oui, ici, c’est ma Finistèr’attitude qui parle) ne brillent pas par leurs compétence et pertinence musicales, mais au moins on a des articles publiés dans la nuit ou le lendemain et écrits à peu près correctement [NDLR : pas ampoulés, pas dégoulinants d’adjectifs, pas musicocrates…]. Le Mensuel de Rennes quant a lui a opté pour un défrichage médical des Transmusicales cette année et j’ai trouvé cela assez drôle. Alter1fo, le meilleur pour la fin (oui, bon ça va, je ne suis pas objective, et alors!) propose défrichage, articles focus, interviews, diapos photos et compte-rendus à la fois des Trans et des Bars en Trans, le petit frère qu’on oublie souvent et qui, pourtant, tirait mieux son épingle du jeu cette année côté programmation…

newspaper dress.jpgNewspaper dress  par  lennon818 on Flickr

Quand on s’attaque à la presse nationale, c’est une autre histoire. Quoique. Le Monde ne se foule pas trop : 3 articles dont un assez drôle sur l’historique des Bars en Trans et la propension du Breton à jouer les sardines et boire des apéros, même si le fil conducteur est sans doute noyé dans les vapeurs d’alcool de la veille… Libé est un peu plus prolixe avec cinq articles dont un sur les Bars en Trans et un sur la création Kütü Folk. Même chiffre clé pour Télérama : cinq articles dont un qui a le mérite de parler des concerts de la Cité, la salle grande oubliée de la presse… Les Inrocks, comme tous les ans proposent leur revue non-exhaustive du Festival avec ce style bien à eux, qu’on apprécie ou pas, qui vous hérisse ou pas, qu’on pardonne ou pas. Magic, et je stopperai là ma revue de presse sous peine d’overdose, n’a publié pour l’instant que 2 articles mais ils ont le mérite de couvrir les Bars en Trans, l’Aire libre et le Parc Expo. Don d’ubiquité maîtrisé !

Quant aux blogs musicaux, ils sont nombreux et offriront dans les prochaines heures ou prochains jours, selon le temps de récupération de chacun, pléthore d’articles compilant les meilleurs moments de ce festival. Ici même, sur DLF, ou sur I Know You’ve Come to Take My Music Away (en fait, Erwan est un warrior, il a déjà publié…) ou sur Top Up Your Sound Box et tous les autres que j’oublie… Vous ferez votre propre prescription de lectures, hein, z’êtes propres, majeurs, vaccinés et assez grands. Sinon, vous pouvez toujours vous retrancher en attendant sur la ligne officielle via le blog des Trans. Moi, je ne soupe pas de ce potage-là…

A Twitter, addict tu deviendras

Munie de mon chargeur de batterie, pendant trois jours, entre lit et canapé, j’ai gardé les yeux rivés sur mon iPhone et sur le producteur de gazouillis. Ma TL rennaise est relativement bavarde en concerts et assez expansive sur l’ambiance environnante. Autant vous dire que je me suis régalée…

Twitter Addiction! Moleskine 6/30/08Twitter Addiction! Moleskine 6/30/08 par OPRAHHATPARTY on Flickr

La météo est l’un des marronniers. Après la pluie, vient le soleil, puis à nouveau la pluie. Nombreux sont les Parisiens en descente provinciale qui se sont étonnés du large soleil vendredi. Par contre, le ciel breton les a rincés comme il se doit dès le soir même et le lendemain… Ce qui n’a pas empêché les aficionados de se mettre à l’heure rennaise au marché des Lices le samedi matin (midi ?) et d’engloutir une galette-saucisse. Assurément meilleure que celles vendues au Parc Expo, si j’en crois les gazouillis de Disso, la patronne des lieux. La cuvée Champomy des Trans est également au nombre des trophées paparazziés par les twittos… Où l’on découvre également grâce à Twitter nombre de pratiques gastronomiques les plus étranges pendant les Trans : le rituel cake au saucisson de @tuysbx , le red bull et le fisherman’s friend de @piedo … Par contre, aujourd’hui, après la fête, la défaite, c’est plutôt sieste pour les uns, nuit prolongée pour les autres ou San Pellegrino.

Focus sur un autre marronnier des Transmusicales : les navettes ! Pour @piedo, l’ambiance y fut exotique : «Ultra fluide mais pétards dans tout le bus #navettetrans». Et d’autres sont admiratifs : «Pour le coup, le systeme de navette Parc Expo – Centre Ville est bien mieux géré que d’autres festoch’.. C’est agreable.» Par contre, et heureusement, on n’échappe pas aux râleries : «Navettes payantes ET 15 minutes d’attente #organisation» et aux constats sociologiques : «Pire que les bretons bourrés : les bretonnes bourrées #navettes #trans2011»

Evidemment nombre de tweets se rapportent aux boire et déboires des festivaliers : «bcp trop de gens saouls aux #trans2011» ou «À moins de 2g d’alcool, le public français est chiant». Certains, comme @piedo, n’hésitent pas se lancer dans le grand photo-reportage au péril de leur vie ou de l’état de leurs chaussures pour dénoncer la misère du monde… Quand d’autres comme @pareto35 se lancent dans l’analyse économique de la situation : «Fallait que ça arrive! cette année il y a un bar VIP dans le bar VIP. Punaise sacré tyrannie financière». Les Transmusicales, ce grand festival aux relents d’orgies romaines (« Coke, beuh et sexe sur les canap, bienvenue à l’espace pro #trans2011 » témoigne @benjaminlemaire), n’a rien à envier à son petit frère, les Bars en Trans, où le public adopte un comportement assez j’men-foutiste : «Étrange soirée au Chantier où tout le monde est dehors et se fout de l’intérieur. #barsentrans». Mais grâce aux vertus de l’alcool, les festivaliers deviennent bioniques le temps du Festival: «Les @TransMusicales ou comment passer 3 jours un gobelet en plastoc de bière à la main…».

L’ambiance festive existe au Parc Expo (nombre de tweets enthousiastes sur le set des norvégiens au nom imprononçable Kakkmaddafakka !) mais aussi dans le tout Rennes ! Pour @gyeah, «c’est les trans dans [s]on immeuble, chorale rock et bières au 1er et dubstep au 2ème #pasbesoindebouger». Ah la magie des Transmusicales ! Cette joie de vivre décibélienne communicative… ou un joyeux bordel pendant 3 jours. La Ville aussi aura la gueule de bois aujourd’hui.

Autre constat : à une heure tardive, les tweets deviennent moins nombreux, se recentrant autour d’une simple photo. Dur d’aligner les propos cohérents à partir d’une certaine heure. La palme revenant au compte Twitter des Transmusicales hier soir qui s’est mis à tweeter en breton hier dans la nuit. Degemer Mat qu’on vous a dit quand vous avez franchi la frontière !

Je vous épargnerai par contre la litanie de jeux de mots sur Kütü lancés par le compte Twitter des Transmusicales. On leur pardonne, mettant ça sur le compte de la fatigue et du stress. Kütü qui au passage remporte la palme, non seulement du succès musical, mais aussi de la présence sur Twitter. Un compte actif, ayant relaté leurs péripéties depuis environ un mois, leur préparation, leur installation à l’Aire libre. Nombre de gazouillis des festivaliers ensuite avec photos à l’appui sur leurs sets quotidiens. Leur machine à coudre à facettes a même tapé dans l’oeil des Juveniles ! Mention est faite toutefois de la concentration de hipsters sur place… (non, non, vous n’aurez pas de nom, n’insistez pas !). Mais c’est @themanofrennes qui aura le mot de la fin pour cet intermède Kütüfolkien : « Si tu n’es pas allé à l’Aire Libre voir @kutufolkrecords t’as raté tes @TransMusicales (dernière chance cet aprem) ».

Ah oui, et la musique dans tout ça ? Ben le LT, c’est sympa mais pour suivre les concerts, on préférera de loin les retransmissions en live ou la VOD. Allez, allez, un palmarès quand même ! Sur le podium du gazouillis rennais, Juveniles, Breton et Colin Stetson se battent pour la deuxième place, la première étant remportée haut la main par Kütü Folk. Mein Sohn William remporte la palme du concert chamanique et Jesus Christ Fashion Barbe celle du plus barbu. Au final, et comme le dit si bien @el_Reg : «Aux #Trans2011, chaque concert est génial selon certains, pourri selon d’autres».

Sur pied vite tu te remettras…

Allez, les jeunes et les moins jeunes, sieste et efferalgan pour tout le monde aujourd’hui ! Et même si vous suivre de loin et en mode 2.0 était une expérience formidable, pas question de rater ça l’an prochain ! En attendant, à moi les exercices du kiné. Faut que je sois sur pied pour la Route du Rock hiver… Vous en serez ?

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