I break horses, parce que parfois l’hiver en été, c’est bon

Le 27 novembre 2011 par Virginielasnob
J’ai par principe (cela doit dater de mon amour du tennis durant l’adolescence et plus particulièrement pour Mats Wilander) un faible pour la Suède. Sans jamais y avoir mis un pied pour une raison que je ne m’explique pas.

La première fois que j’ai entendu parler de I Break Horses, ça venait de Bella Union. J’avais donc en tête que Simon Raymonde avait sans doute encore craqué sur un obscur cousin de Josh Pearson dans un bled paumé du Texas, un poète maudit qui joue de la guitare la nuit et dompte des chevaux sauvages la journée dans un jean sale. Donc j’avais tout faux.

A la première écoute, j’ai réalisé la bévue, c’était donc forcément des européens, mais des anglais du Nord peut-être ? Encore faux. Bon sang, des suédois ? Ils ne sont donc pas tous chez Labrador ?! Ils n’auraient pourtant pas juré au catalogue, pas loin de mes chéris de The Radio Dept.

Tout l’été, “Winter beats”, petit paradoxe temporel, m’a poursuivie partout rebondissant de blog en blog, jusqu’à BBC6Music qui le matraque encore quotidiennement pour ma plus grande joie. Un flocon de neige piquant dans un été pas vraiment caniculaire, c’était donc une coalition suédoise ? On y reconnaitra au choix du My Bloody Valentine ou du Slowdive, tout cela rehaussé de synthés diablement entrainants, des voix floues, tout ceci est un peu fait pour les amateurs de shoegaze old school comme moi.

La sortie de l’album en plein mois d’août continue dans la provocation à la haine climatologique. Il fallait donc bien se lover dans une grosse couverture de guitares et de synthés à défaut d’aller à la plage. L’album est-il donc à la hauteur du single ? Je dis OUI. Tout n’est pas parfait mais on y trouve quand même au moins 4 autres morceaux d’exception qui justifient à eux seuls de découvrir ce premier effort.

On poursuit donc la découverte avec Hearts, toujours dans un mélange de bruit et de voix, un titre qui comme certaines chansons de M83, donne furieusement envie de conduire des décapotables anglaises sur des routes côtières, laissant les chevaux de la mécanique suivre le rythme des battements de cœur du morceau. Bon, je suis un peu lyrique mais ça le mérite.

Avec Wired, c’est un peu la fausse piste : ça commence comme un morceau de Stereolab ou d’Electrelane, tranquillement et puis soudain le train déraille et visiblement Kevin Shields s’est un peu essuyé les chaussures sur la bande. Un grand final de n’importe quoi Loveless à mort. Pour amateurs éclairés de maltraitance auditive.

La prochaine claque se cache sous le nom de Pulse, une batterie toute simple, une mélodie crève cœur, des guitares en apesanteur, des voix plus présentes qui donnent le frisson, une basse profonde. Bon sang, ça a presque l’air facile à faire, comme du tennis de haut niveau (j’y reviens…).

Empty Bottles est une jolie balade, mais le meilleur est gardé pour la fin ; No way outro a l’air de sortir tout droit d’une église et rarement une chanson aura autant sonné comme un adieu. Ce morceau est un poison à diffusion lente et quand le gros de la cavalerie arrive (une batterie et une basse en furie), on a encore une fois envie de monter dans la voiture, cette fois pour sauter directement de la falaise dans un fjord, finir en beauté.

Et vive la Suède.

Heart sur Spotify ou sur Deezer

Best of DLF: première publication le 9 septembre 2011.

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